Page mise à jour le 1er avril 2025
(voir le détail des mises-à-jour récentes en fin de page)

Cette page est la première des cinq pages consacrées sur son site web par Gérard LEFRANC (pseudo 'lefranc22') aux orgues virtuels et plus particulièrement aux banques de sons exécutables par l'application Hauptwerk sous Windows ou macOS.

Orgues virtuels
Orgues 1
Orgues 2
Gratuits
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Table des matières

- Ouverture
- Découverte du logiciel Hauptwerk
- Autres logiciels de simulation d'orgues


Ouverture
L'heure de la retraite ayant sonné et comme il faut bien s'occuper à quelque chose, j'ai décidé de me remettre à l'orgue.
J'avais appris le piano dans mon jeune temps, au conservatoire municipal de Vannes d'abord avec Stanislas Frémont comme professeur, puis au conservatoire national de région de Rennes dans la classe de Monsieur Cohen. Mais faute d'avoir continué à travailler, ma technique avait considérablement régressé. Ne me restait guère qu'une certaine facilité à déchiffrer, entretenue régulièrement par des activités au sein d'une chorale. À ce propos vous trouverez tous les détails, et pas mal de bavardage,
sur cette nouvelle page.
Tout jeune, j'avais pu utiliser librement l'orgue de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Vannes, grâce à la gentillesse de l'abbé Nicolas, qui dirigeait la manécanterie de la cathédrale, dont je faisais partie. C'était un instrument récent, à traction électrique, avec de nombreuses registrations préparées, ce qui en facilitait l'usage.


l'orgue de Notre-Dame de Lourdes, curieusement mais judicieusement placé dans une
vaste tribune surplombant le chœur de l'église et pouvant également accueillir toute une chorale
(je note au passage que cette disposition est également celle adoptée dans la chapelle royale de Versailles,
mais pour d'autres raisons: le roi occupant la tribune)

Puis étant étudiant, un ami organiste m'avait facilité l'accès à l'orgue de l'église Saint-Hélier, à Rennes et m'avait donné quelques leçons; disons plutôt quelques conseils et des rudiments de registration. Cet instrument vénérable, construit par Jean-Baptiste CLAUS vers 1880, puis restauré par Othon WOLF en 1952, ayant fini par rendre l'âme et être remplacé en 1977 par un  très bel orgue de Yves SÉVERE, neuf mais inaccessible, mes velléités d'organiste en étaient restées là, faute de trouver une paroisse voulant bien accepter ma présence ou un orgue qui ne soit pas la "chasse gardée" de son titulaire, comme c'est bien trop souvent le cas.

En 1969, je me suis offert une très belle épinette, de fabrication allemande, que j'ai eue chez moi pendant longtemps, avant de la revendre, dans une période de vaches maigres et aussi un peu fatigué par ses perpétuelles exigences d'accordage et je puis vous assurer que si les clavecins se désaccordent aussi vite qu'une guitare, les accorder c'est autrement plus long et compliqué! Avec l'informatique c'est devenu plus simple maintenant. J'avoue tout de même qu'elle me manque parfois.

Dans les années 70, la tentation de me remettre à l'orgue m'a pris et j'ai fait l'acquisition d'un orgue électronique Viscount qui ne m'a guère convaincu et qui a rapidement été remplacé par un instrument plus intéressant, qui m'a apporté beaucoup de plaisir. C'était un orgue analogique de marque WOOP, une petite société allemande qui n'a pas du en vendre beaucoup car ils étaient très chers et délicats à entretenir; j'ai même dans l'idée qu'il s'agissait d'un prototype)



Comme tous les instruments analogiques, cet orgue utilisait des circuits oscillants pour engendrer des signaux électriques qui, une fois correctement filtrés arrivaient à se rapprocher, plus ou moins fidèlement, des sons d'un orgue à tuyaux. Mais contrairement à tous les autres orgues analogiques que j'ai pu voir, qui n'avaient que quelques circuits oscillants dont les signaux étaient ensuite divisés et filtrés pour reproduire les différentes fréquences des notes et les timbres des jeux, le mien avait un générateur d'ondes par tuyau! Vous imaginez le monstre!



C'était donc une grosse armoire remplie à craquer de cartes portant les circuits oscillants (une carte par note), avec des résistances ajustables permettant d'accorder chaque "tuyau" et de l'harmoniser (c'est à dire d'équilibrer sa puissance par rapport aux autres).



Une batterie de filtres (un par jeu) achevait de donner leur timbre aux sons, de simuler les attaques et d'y ajouter un peu de souffle pour imiter la soufflerie d'un orgue réel.



Une grande carte, enfin, assurait (du moins je suppose) les "reprises" des mixtures, comme dans un orgue normal.


l'endroit et l'envers

L'intérêt d'un tel dispositif était d'avoir pour chaque tuyau un son bien individualisé, jamais strictement accordé (comme c'est le cas pour les autres orgues analogiques) et donc de compenser le côté "fabriqué" des sons par une grande variété de timbres et des "battements" comme dans un orgue réel. Et je dois dire que le résultat était assez bluffant; du moins à l'époque. Mais les attaques étaient peu réalistes et ça manquait cruellement de réverbération. Je lui avais bien ajouté une réverbération à ressorts, mais ça avait un côté franchement artificiel.
Tout cela aurait été parfait si ces résistances ajustables, sous l'effet des vibrations, ne se déréglaient pas continuellement. Il fallait donc régulièrement accorder l'instrument, délicatement avec un petit tournevis, tuyau par tuyau, sinon il devenait rapidement faux. Outre le travail que cela représentait, il faut savoir que les résistances ajustables sont très fragiles et ne sont pas conçues, en principe, pour être tripotées régulièrement. Même en tentant de les bloquer avec un verni, elles continuaient à bouger et à s'abîmer à chaque séance d'accordage.

L'ensemble des "jeux"
Détail d'une "note"

L'orgue a donc fini par tomber en panne, à plusieurs reprises. Des résistances ont été remplacées, mais les réparations devenaient de plus en plus problématiques. Plus personne ne voulait y toucher. En 2002 le prestant de 4 pieds, déséquilibré, est devenu définitivement muet et en 2004 c'est tout l'instrument qui s'est tu, après une panne de l'alimentation.

Découverte de Hauptwerk

Ce gros instrument restait là, à me narguer, trop lourd pour pouvoir être facilement évacué de la pièce au deuxième étage de la maison où il avait été hissé à grande peine et définitivement muet... du moins je le croyais. Car en 2005, en fouinant sur le web, j'ai fait une fantastique découverte: le logiciel Hauptwerk. Ce programme, qui à présent fonctionne aussi bien sous MacOS que sous Windows, permet en effet l'exploitation, à l'aide de claviers à la norme MIDI, de banques de sons numérisés d'orgues à tuyaux réels, avec une qualité de reproduction qui égale, et même dépasse souvent, celle des meilleurs enregistrements sur CD.


Pour en avoir le cœur net, j'ai fait venir une version de démo du logiciel (qui est fournie avec une banque de sons, d'un orgue symphonique anglais des environs de Birmingham) et l'ai testé avec un petit clavier MIDI bas de gamme que je possédais déjà (Keystation 49 chez M-Audio). J'ai été enthousiasmé. Il est bien évident que des sons d'un orgue réel, enregistrés soigneusement tuyau par tuyau, dans l'ambiance de l'église, avec tous les bruits annexes et la réverbération naturelle des lieux, sont autrement plus réalistes que des sons fabriqués électroniquement, quelle que soit la technique utilisée. Le logiciel Hauptwerk, de plus, sait gérer très finement un grand nombre de paramètres, tels que des boucles et échantillons multiples pour varier aléatoirement la sonorité des notes et tenir compte de la vélocité pour les attaques et lâchés, les résonances internes des tuyaux non utilisés ou encore les minimes fluctuations du son engendrées par les variations de la pression de l'air en fonction de l'utilisation de la soufflerie. Il permet également la modification à la volée de l'accord et/ou du tempérament de l'instrument (l'écoute d'un instrument ancien avec son accord et son tempérament historique est une expérience très enrichissante).

Ce logiciel a été créé en 2002 par le britannique et gallois Martin Dyde qui l'a distribué au sein de sa société Crumhorn Labs Ltd à partir de 2006. Martin Dyde l'a ensuite cédé en 2008 au tout jeune éditeur américain Brett-Milan, qui venait d'achever ses études de piano et d'orgues et avait fondé en 2002 la société Milan-Digital-Audio (MDA) pour exploiter, puis développer ce logiciel. Entièrement ré-écrit pour MDA qui en a changé la présentation et y a ajouté de nombreuses fonctions qui en facilitent l'utilisation, Hauptwerk était disponible en télé-chargement sur le site, pour Windows et pour macOS. Les versions pour Mac antérieures à Hauptwerk V ne sont toutefois plus compatible avec la récente version de MacOS 10.15.1 Catalina (sauf à y apporter quelques modifications). Hauptwerk V par contre est compatible Catalina et suivants.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour acquérir la version complète du programme (en fait un dongle-clef USB qui supprime le léger bruit de triangle, discret mais bien présent tout de même, placé en arrière plan dans la version de démonstration et qui s'y fait entendre toutes les 5 secondes environ). Hauptwerk ne coûtait d'ailleurs pas une fortune: son prix était à l'époque très raisonnable (il a bien augmenté depuis lors, hélas). Je me suis aussitôt jeté sur les quelques banques de sons gratuites, d'orgue et de clavecin, que l'on trouve assez facilement en téléchargement (voir la page 3 de ce site).

Hauptwerk 4 qui a succédé proposait trois options au lancement si le dongle contenant la licence du logiciel n'est pas en place: deux version complètes d'évaluation (de base et étendue, avec ce léger tintement de triangle en arrière-plan, toutes les 5 secondes environ) et une version gratuite délivrée de cet irritant bruit. Cette version gratuite, conçue à des fins publicitaires, était identique à la version de base de Hauptwerk, avec toutes ses fonctions, mais avec une polyphonie limitée à 256 "tuyaux" parlant simultanément (en comprenant tous ceux qui ne sont plus joués, mais résonnent encore) et elle ne pouvait charger que des banques de sons qui, une fois installées, n'occupent pas plus de 1,5 Go de mémoire vive et ne sont pas protégées par un appel au dongle ou par une licence. Cela permettait tout de même, sans bourse délier, d'au moins tester Hauptwerk avec pas mal de petits instruments et de nombreuses banques de sons, gratuites ou non; cela d'autant plus que Hauptwerk étant d'une souplesse infinie, il permet de choisir les jeux à charger, la profondeur des échantillons (en bits), le nombre de boucles ou lâchés à prendre en compte, etc. En fin de comptes, en tâtonnant un peu et quitte à quelques sacrifices, on arrive pratiquement à charger dans sa version gratuite de Hauptwerk 4 bien des banques de sons non protégées et de taille moyenne.

Je signale, à toutes fins utiles et bien que cela ne soit pas indiqué dans le manuel de l'utilisateur de Hauptwerk, que j'ai pu sans mal installer Hauptwerk 4.2.1sur un PC (sous Windows 7 Home Premium 32 bits) n'ayant seulement que 3 Go de mémoire. L'orgue de Ste Anne Moseley, chargé en 16 bits s'est ouvert en entier (de justesse) dans la version d'évaluation gratuite, ainsi qu'une vingtaine de petites banques de sons (la plupart gratuites). C'est donc une solution possible envisageable (quoique non recommandée) pour les vraiment tout petits budgets ou les configurations nomades.

En août 2014, une nouvelle version 4.1 de Hauptwerk (en fait une mise-à-jour gratuite) est sortie, qui corrigeait certains bugs mineurs et dont certaines partie ont été ré-écrites pour être plus rapides et plus efficaces.
Il est vite apparu que cette version 4.1 de Hauptwerk était sorti un peu trop vite et comportait de nombreux bugs et des limitations, qui ont fait réagir assez vivement les utilisateurs les plus exigeants (essentiellement une politique de licence, d'utilisation gratuite mais à renouveler tous les 90 jours). La société MDA s'est donc empressée de se remettre à l'ouvrage et dans la foulée, a sorti le 24 septembre 2014 une mise-à-jour en version 4.1.1 qui, sans rien changer pour l'utilisateur était nettement plus stable et plus fiable dans toutes les conditions, même extrêmes. Dans la foulée j'ai repris la traduction que j'avais faite du Guide de l'utilisateur (très peu de changements en fait) et en ai profité pour y faire quelques corrections et améliorations, en réponse à des remarques de mes lecteurs. Cette nouvelle traduction a été mise en ligne par l'éditeur de Hauptwerk, sur son forum US, à la rubrique "Technical support".

Puis on est passé à la version 4.2.1 (également traduite et que j'ai moi-même mise en ligne étant donné que cela ne paraissait absolument pas intéresser les éditeurs de Hauptwerk. Cette version 4.2.1 n'est plus disponible et est devenue introuvable. Elle a été remplacé en décembre 2019 par une nouvelle version Hauptwerk V.

Outre la version d'évaluation de Hauptwerk 4.2.1, il existait deux versions payantes de Hauptwerk (avec une assez forte différence de prix) et il valait mieux évaluer ses besoins avant d'acheter (même si une mise à jour ultérieure était toujours possible). Toutes deux exigeaient le dongle (une sorte de clef USB) et permettent le chargement de banques de sons en 24 bits (contre 16 bits seulement pour la version gratuite). Elles disposaient d'un support technique et étaient vendues sur DVD (le logiciel étant par ailleurs exactement le même que celui pouvant être téléchargé). Soit:

- la version de base:
- la version étendue:
Depuis la version 4.2.1 de Hauptwerk, le logiciel n'avait plus évolué. Cela faisait tout de même plus de 6 ans et de nombreux utilisateurs réclamaient une nouvelle version ou, à tout le moins, la correction et l'ajout de quelques fonctions qui sont apparues souhaitables, voire indispensables, au fur et à mesure que les banques de sons devenaient de plus en plus complexes. Les éditeurs souhaitaient également une meilleure protection des banques de sons sous licence, qui commençaient à être largement piratées. Brett Milan restait désespérément muet quant aux possibilités d'évolution de son logiciel. Tout au plus avait t-il rassuré quelques éditeurs de banques de sons qui s'étaient mis en grève, début 2019, en leur disant qu'un meilleur système de protection contre le piratage était à l'étude. Il est vrai que Brett s'est fiancé en janvier 2019 et qu'on ne peut courir deux lièvres à la fois... Tous nos vœux aux futurs époux et longue vie à Hauptwerk.

Et soudain, en novembre 2019, une version Hauptwerk 5 (ou plus exactement Hauptwerk V) est sortie et présentée dans une notice que j'ai traduite de mon mieux en français. Peu de changements en fait par rapport à la version 4.2.1. Les changements significatifs sont:


- utilisation d'un nouveau système de protection des banques de sons sous licence, que MDA a sous-traité à la société iLok. Cela implique une inscription (gratuite) chez iLok et l'achat d'un dongle iLok. Lors de l'installation d'Hauptwerk V l'ancien dongle sera effacé et deviendra inutilisable. La licence Hauptwerk sera automatiquement transférée dans le dongle iLok ainsi que les licences achetées une fois le logiciel iLok Licence Manager installé sur votre disque dur et votre compte iLok activé. Ne mettez toutefois pas l'ancien dongle à la poubelle car il reste reconnu par HW4 ce qui permet encore d'ouvrir un certain nombre de banques de sons cryptées passant dans la version d'évaluation gratuite.

- disparition de la version d'Évaluation gratuite, et de son fameux triangle. Il n'est plus proposé que deux versions payantes: Lite et Avancée. La version Avancée  peut être soit achetée, soit accessible par abonnement (mensuel ou annuel) avec mises à jours automatiques pour toute la durée de l'abonnement. La version Lite n'est proposée que par abonnement. Ce système d'abonnement est assez contraignant car il nécessite une connexion permanente à internet. Il s'avère également assez rapidement plus couteux qu'un achat. Il sera toutefois possible, après ouverture d'un compte iLok, d'installer la version Lite qui fonctionnera en mode Évaluation, sans aucune restriction ni son de triangle pendant 14 jours avant de nécessiter un achat ou un abonnement pour pouvoir continuer à fonctionner.
- ajout d'un puissant et et très efficace système de réverbération artificielle.
- ajout d'une table mixage dont l'utilisation  est assez semblable à celle d'une table de mixage de studio.

- Augmentation de la polyphonie (pour la version Avancée uniquement).

- Dans les deux versions, aucune limitation de mémoire pour le chargement d'une banque de sons (à part la quantité de mémoire vive embarquée dans votre ordinateur)

- Toutes les banques de sons cryptées, même celles sans licence, devront être adaptées par les éditeurs et ré-installées pour pouvoir être ouvertes par Hauptwerk V.

Il est intéressant de savoir que le dongle Hauptwerk ou iLok est totalement indépendant du matériel utilisé. Il est unique, mais peut passer sans encombre d'un ordinateur à un autre (voire d'un PC à un Mac) et se trouve immédiatement opérationnel pour peu que son pilote ait été installé (uniquement pour Hauptwerk 4). C'est également le support de la licence des banques de sons protégées. Il est aussi intéressant de savoir qu'il n'existe qu'une seule et unique version du logiciel (celle mise en téléchargement) et que c'est donc la présence, ou non, du dongle et de la licence qui y est inscrite qui fait la différence.

Onze mois à peine après Hauptwerk V voici que nous arrive Hauptwerk VI, sans prévenir. L'existence de cette nouvelle version semble être, à première vue, plus opportuniste que nécessaire car les améliorations promises paraissent bien maigres et relever plus de détails d'ergonomie que de besoins réels. Mais elle permet à MDA de faire une opération commerciale puisqu'il était prévu de ne pas faire payer les mises à jour mineures (il n'y a jamais eu de réelle mise à jour de Hauptwerk V). Seul point positif, les banques de sons cryptées écrites pour Hauptwerk V restent utilisables par Hauptwerk VI. Le passage d'une version à l'autre exige toutefois la reconstruction de tous les caches; ce qui peut être fastidieux si on en a beaucoup.
Après quelques semaines d'utilisation, force est toutefois de reconnaître que si les changements apportés ne sont pas spectaculaires, il y a certainement eu de la part du programmeur un important travail de réécriture dont le plus gros reste transparent pour l'utilisateur. L'ajout le plus spectaculaire et celui du passage possible à une fréquence de 96 kHz, par interpolation des échantillons enregistrés nativement en 48 kHz. C'est au prix d'une forte charge du processeur (qui doit être puissant et moderne) et d'une perte de polyphonie. Mais pour ceux qui sont équipés pour se servir de cette option, le résultat obtenu est spectaculaire, tant l'ajout d'harmoniques donne du timbre aux basses et apporte de la clarté aux aigus. Un aussi beau travail de programmation que celui qui avait été fait pour HW 5 pour l'ajout de réverbération artificielle.
Pour le reste, le plus visible est un nouveau menu de favoris qui passent de 32 à 64, avec des possibilités de ré-organisation malheureusement un peu compliquées à mettre en œuvre, ainsi que des options (encore plus complexes) permettant de stocker, gérer et rappeler jusqu'à 1000 combinaisons. Cela passe par de nouveaux menus et de nouvelles palettes, grandes et petites. La lecture de la notice de présentation (Release Notice) nous apprend également qu'un assez grand nombre de bugs (peu courants) ont été corrigés et que diverses options de réglages par défaut ont été revues; mais il faut regarder de très près pour le constater.

Et un an plus tard c'est Hauptwerk VII qui nous arrive, présenté comme une mise à jour majeure - et donc payante - du logiciel ce qui, à mon avis, est surtout un moyen de faire rentrer de l'argent dans les caisses de MDA car les apports de cette nouvelle version sont loin d'être aussi spectaculaires que lors du passage à HW VI. En gros:
- Trois choix proposés pour la qualité du traitement sonore, qui affectent aussi les tremblants calculés (dont la calcul a été un peu amélioré). La gestion des CPU multi-core étant plus efficace cela autorise l'ouverture de certains instruments peu gourmands, avec un meilleur rendu audio et moins de risques de craquements.
- Quelques petits changements dans le Wizard, sans grandes conséquences.
- L’assignation des pistons pour un orgue peut être soit systématique (comme avant), soit limitée au temps pendant lequel cet orgue est ouvert. Un étiquetage personnalisé des pistons à l’écran est possible. Tout cela se paramètre par de nouveaux menus et de nouvelles palettes dont l’ergonomie et le mode de placement ont été revus. Il n'est par contre plus possible d'attribuer aux boutons ronds du Launchpad d'autres fonctions que celles déjà prévues et enregistrées (un petit bug qui devrait être vite corrigé par une mise-à-jour)
- Même si ça reste une usine à gaz, le système de mixer est un peu plus clair et le nombre de « presets » a été porté de 8 à 128. On trouve dans le manuel plus d'exemples de routage.
La rapidité de réaction à certaine commandes aurait été augmentée et les besoins de sauvegarde des paramètres audio/Midi sont moins fréquents et systématiques que dans les versions précédentes.
Quelques bugs (peu fréquents) de la version 6 ont été éliminés.
Le reste relève du détail cosmétique.
Point intéressant toutefois: la licence HW 7 dans le dongle iLok est valable également pour HW 6.02. Elle permet donc l'utilisation d'ordinateurs ayant des versions différentes de HW installées, à partir de HW 6.02 (un seul ordinateur à la fois, bien entendu).
Reste à tester cette version pour se faire une idée plus précise. Qui sait, elle a peut-être des atouts bien cachés. Mais encore une fois, tous les caches des banques de sons installées seront à refaire et ça peut être long...

Avec une régularité de métronome (mais il faut bien faire bouillir la marmite) les versions de Hauptwerk se succèdent et pour le 15 août 2023 nous avons eu la surprise de découvrir Hauptwerk VIII. Cette nouvelle mouture du logiciel n'est acceptée sur les PC qu'à partir de Window 10. Les acharnés de Windows 7 ou de Vista, s'il en reste, devront donc en faire leur deuil. Pour le Mac ça ne change pas: MacOS 10.13.6 minimum
 Qu'apporte HW 8? Bien peu à vrai dire si l'on se fie à la notice:
- un nouveau menu pour les écrans tactiles, avec les palettes correspondantes
- une amélioration de l'adressage audio et du tableau d'harmonisation qui propose maintenant 4 configurations pour chaque orgue, au lieu d'une seule. Mais ça reste une usine à gaz.
- une meilleure prise en charge des processeurs, en particuliers des processeurs M1/M2 des Macs (mais toujors en émulation Rosetta...) et des multi-cœurs. D'où une réduction notable de la polyphonie nécessaire. Il faudra voir à l'usage si cela peut remédier à certains craquements ou coupures de son pour des ordinateurs peu puissants. Mais c'est probablement ce qui changera le plus la vie des utilisateurs.
- des possibilités assez complexes d'aménager la RAM, surtout sous Windows, qui devraient diminuer les temps de chargement si les réglages sont bien faits. Les premiers utilisateurs le constatent, en effet, surtout sous Windows.
- la reconnaissances des récents Launchpad X
- quelques ajouts mineurs et qu'il faut bien chercher.
- la correction de 3 petits bugs.
Mais la plus grande nouveauté, annoncée avec beaucoup de discrétion, est le passage de la version Lite par abonnement, à une version avec licence permanente
, comme il y en avait une autrefois pour HW 4. Du coup Hauptwerk France la propose pour 275 € et la mise à niveau de HW 4 de base vers HW 8 Lite ne coüte que 165 € (ou 430 € pour passer à HW 8 version Avancée). Ce sera peut-être l'occasion pour certains de sauter le pas.
Quelles sont les différences entre les deux versions?
Version Lite: polyphonie limitée à 1024 comme dans la version de Base de HW 4 mais avec un traitement audio beaucoup plus performant; ce qui limite fortement les besoins d'augmenter la polyphonie - Version Avancée: Polyphonie portée à 32.728 (aucune banque de sons actuelle n'en nécessite autant, et de loin)
Version Lite: mono/stereo et donc aucune possibilité de surround vrai, c'est à dire avec des jeux ou des canaux adressés sur des HP différents - Version Avancée: possibilité de 1024 canaux (cela servira t-il un jour?)
Version Lite: affichage d'une seule barre de pistons - Version Avancée: affichage de 4 barres de pistons
Version Lite: elle vient avec un seul bon pour une aide gratuite - Version Avancée: elle est vendue avec 4 bons.
Absent de la version Lite: la réverbération par convolution (IR) ce qui est à mon avis le manquement le plus significatif - l'harmonisation par tuyaux (elle n'est possible que par jeux) - le support de plusieurs écrans
Bien entendu et comme à chaque changement de version il faudra se payer la corvée de rouvrir tous vos orgues installés afin d'en refaire le cache et comme je l'ai moi-même constaté la mention affichée disant que "cela prendra quelques minutes" est un euphémisme, pour ne pas dire un pieux mensonge... Mais quand on aime on ne compte pas, n'est-ce pas?
 
À l'automne 2024 c'est la révolution avec la sortie de Hauptwerk 9. Je dis révolution car si cette version n'apporte aucune nouvelle fonction et n'améliore pas sensiblement la qualité audio, par contre sa présentation (et donc son utilisation) a fait l'objet d'un profond remaniement: disparition des grandes palettes et menu en haut d'écran réduit à son strict minimum: Hauptwerk (pour l'à propos et Quitter), Touch menu et User Guide. Rien de plus. Notez que le touch menu avait déjà été introduit dans HW 8, mais plutôt discrètement et sans caractère obligatoire. Au lancement de Hauptwerk il s'affiche à présent sur toute la moitié gauche de la fenêtre principale, mais il peut être facilement masqué et rappelé. Et comme son nom l'indique, il a été conçu pour pouvoir être entièrement piloté par les écrans tactiles (qui ne sont toutefois pas obligatoires).
C'est dans les onglets de ce touch menu que tout va se trouver. Ils sont visibles en haut de sa fenêtre comme un sorte de menu (mais composé de boutons) qui ouvrent des fenêtres donnant accès à toutes les fonctions de Hauptwerk, un peu comme le faisaient les grandes palettes, qu'ils remplacent:
- onglet Touch menu: qui ne sert qu'à l'ouvrir ou le masquer.
- onglet Overview: il gère les fichiers de combinaisons et de tempéraments.
- onglet Organs: pour installer, dés-installer, charger et mettre en favori vos orgues.
- onglet Combs: qui gère les fichiers de jeux de combinaisons
- onglet Stepper: qui est celui du séquenceur pas à pas (combinaisons, crescendo pour un orgue donné)
- onglet Cresc/Scoped: qui propose les mêmes fonctions que le précédent, mais de façon séquentielle.
- onglet Generals: qui gère les combinaisons générales.
- onglet Pitch: gestion de l'accord et des tempéraments pour un orgue donné.
- onglet Engine: pour le réglage de l'audio et de la polyphonie; pratiquement identique à l'ancienne grande palette Audio qu'il remplace.
- onglet Recording: pour l'enregistrement et la reproduction de morceaux au format MIDI ou Wave.
- onglet Settings: c'est là où vous trouverez le "Magicien" Wizzard, le choix des ports MIDI et Audio ainsi que l'assignation de vos claviers, tirettes, pistons et autres commandes.
- onglet Audio: pour la réverbération IR (maintenant elle peut être affectée à un orgue donné), l'harmonisation et la distribution dans l'espace.
- onglet View: modes d'affichage de la console et du touch menu.
- onglet Other: Aide, accès aux notices, gestion des licences, sauvegardes, importation d'un orgue au format HW1, etc.
J'avoue que c'est très déroutant, surtout au début et qu'il y a pas mal de redondances entre les différents onglets du touch menu, mais aussi des différences subtiles entre des fonctions qui paraissent être les mêmes, mais ne le sont pas. Il faudra toutefois s'y habituer car Martin Dyde, le concepteur et programmeur de Hauptwerk, a fait clairement savoir que cette nouvelle présentation du logiciel était plus logique et moins encombrante que les précédentes et qu'il n'envisageait donc aucun retour en arrière.
J'ai donc mis en ligne en novembre 2024, sur cette page, ma traduction de la notice de présentation de HW 9 et en février 2025 le Guide d'utilisation. Notez que cette fois nous avons deux versions de ce guide: une version de base convenant à la majorité des utilisateurs et une version complète pour ceux qui veulent vraiment tout savoir. À l'installation du logiciel un certain nombre de fonctions très "pointues" abordées uniquement dans la version complète du guide, seront désactivées et masquées par défaut. Mais vous conservez la possibilité des les activer et de les afficher dans le touch menu à tout instant.
Je venais à peine de publier ce Guide que la version 9.01 de Hauptwerk est sortie. Je fais la mis-à-jour pour me rendre compte des modifications.

Hauptwerk à partir de la version 4.1 a également été prévu pour accepter directement le Novation Launchpad et le configurer aisément. De quoi s'agit-il? Comme on le voit sur la photo ci-après il s'agit d'un boîtier plat (24 x  24) équipé sur le dessus d'un damier de 64 boutons mécaniques et, sur le côté, de 16 boutons ronds de fonction. Aussitôt branché sur une prise USB de votre ordinateur, il est alimenté et reconnu automatiquement par Hauptwerk, sans nécessiter de pilote spécifique. Chacun des boutons peut être affecté, très simplement, à une commande de Hauptwerk relative à une banque de sons donnée (tirage d'un jeu, d'un accouplement, d'une combinaison préparée de jeux ou tout ce que vous voudrez) et s'éclairer d'une couleur choisie dans une palette de 5 (une version plus coûteuse propose une palette de couleurs plus étendue). Pour cela il suffit de faire un clic-droit à l'écran sur la commande à utiliser, choisir le bouton et sa couleur, cliquer sur "Done"  et le tour est joué une fois pour toute, pour cette banque de sons. Cet engin, d'un coût abordable et qui semble robuste, remplace avantageusement un écran tactile, qui reste assez coûteux. Il en existe aussi un version 'mini' moins chère, identique mais plus petite: 18,5 x 18,5. Il est certes moins facile de s'y retrouver que sur un écran tactile (qui garde ses partisans) puisque les boutons ne comportent aucun texte (certains font usage de caches amovibles en papier transparent), mais ses possibilités sont plus grandes que celles d'un écran tactile dont la présentation, fixée par le concepteur de chaque banque de son, ne convient pas toujours à tout le monde et peut cacher certaines choses que l'on estime être indispensables. Le launchpad s'avère particulièrement pratique avec les démos limités à quelques jeux mais dont la console affiche la totalité des jeux de la version complète: sur le launchpad on ne conserve en effet que les jeux réellement actifs. Un peu de rigueur et de méthode dans le choix des boutons et des couleurs permet d'ailleurs vite de s'y retrouver; ensuite c'est une question d'habitude, comme sur certains orgues à tuyaux dont la disposition des jeux laisse rêveur. Vous avez vu celle de l'orgue de Haringe, reproduit plus loin sur cette page, avec certains jeux placés si bas que la main ne peut les atteindre? ou encore Smecno qui a les jeux du positif dans le dos de l'organiste! ou vice-versa comme sur cette photo)




Pour qui ne souhaite pas, ou ne veut pas, faire l'acquisition de ce matériel, le logiciel Hauptwerk propose tout de même une alternative peu connue mais particulièrement intéressante et gratuite; celle d'utiliser le clavier USB de son ordinateur exactement de la même façon que le launchpad. Le paramétrage est le même et, comme pour le launchpad, vos configurations de clavier seront chargées automatiquement avec chaque banque de sons. La version 4.0 ne permettait l'utilisation que des lettres du clavier, mais depuis la version 4.1 il est possible de programmer toutes les touches, y compris celles du pavé numérique, ce qui autorise tout de même le stockage de pas mal de jeux ou combinaisons. J'ai toutefois noté que seuls les claviers USB filaires étaient reconnus et non les claviers sans fil. Pour ceux dont l'écran d'ordinateur est assez loin des claviers, ce dispositif est précieux (éventuellement en utilisant une rallonge de câble USB). Certains achètent même un second clavier USB entièrement dédié aux commandes de Hauptwerk: solution très économique.

Je signale un petit utilitaire astucieux. Il s'agit de DuetDisplay pour iOS. Cela se trouve sous ce lien ou dans App Store et ça vaut moins de 8 €. Une fois installé et lancé sur votre iPad et le petit pilote (gratuit, également sur le site) installé sur le mac ou le PC, il suffit de brancher l'iPad sur une prise USB de votre ordinateur au moyen du cordon d'alimentation standard, pour qu'il se comporte comme un petit écran tactile supplémentaire, pouvant être positionné à votre gré au moyen de la Préférence Système "Moniteurs" (au moins pour le mac, pour les PC je ne sais pas mais ça doit être à peu près la même chose). Bien entendu il faut avoir de bons yeux et des petits doigts mais c'est très réactif et ça fonctionne bien. Jugez-en vous même avec la banque de sons de Ménestérol sur mon iPad Mini (un ipad standard aurait été mieux). Parfait et pas cher pour les petites banques de sons bien présentées, avec de gros boutons, ou encore pour une utilisation nomade.




Ma première console

Maintenant, un seul clavier ne me suffisait plus. Je lui ai rapidement donné un petit frère, identique, acheté sur l'Apple Store, que j'ai placé sur une petit étagère bricolée (un peu trop vite) par moi, avec un pupitre pour les partitions (je n'ai aucun talent d'ébéniste, n'ai guère fait d'efforts car j'étais pressé et reconnais que c'est assez moche). Puis, il fallait bien, je me suis acheté un petit pédalier droit MIDI de 27 marches, de marque Hoffrichter, à la société EMA qui est le correspondant Hauptwerk en France. J'ai dû l'attendre plus de 2 mois: ils sont faits, je suppose, à la demande et l'importateur travaille un peu à la petite semaine; mais bon... j'en suis pleinement satisfait: doux au toucher, robuste et agréable à jouer.  Un infâme bricolage à partir des restes d'une vieille armoire a donné un semblant de console, pour poser le tout et un banc, limite périlleux mais qui supporte ma précieuse personne.


À présent, à moi les joies de l'orgue.


Bien vite, les banques de sons gratuites ne m'ont pas satisfait pleinement, même si certaines d'entre-elles, destinées à servir de produit d'appel et de démonstration de savoir-faire, sont particulièrement soignées. Mais les instruments enregistrés sont souvent de petites taille et il arrive (de moins en moins souvent d'ailleurs) que la qualité de la numérisation ne soit pas idéale (une seule boucle par son) ou limitée (un seul échantillon pour plusieurs notes), ou encore que la réverbération ait été coupée ou pas enregistrée, pour gagner de la place en mémoire ou toute autre raison (comme la possibilité d'utilisation dans un lieu déjà réverbérant naturellement). J'ai donc été piocher dans le catalogue des banques de sons commerciales, qui s'étoffe de mois en mois, afin de trouver les instruments qui me convenaient le mieux sans trop grever mon budget. Car il y a de tout et à tous les prix, les plus chers n'étant pas nécessairement les plus beaux. Heureusement que ces banques de sons ont fait l'objet de très nombreux enregistrements, qui permettent de se faire une idée avant d'acheter. On trouve ces démos sur le sites des éditeurs mais surtout sur les sites très spécialisés de PCOrgan ou de Contrebombarde, ainsi que sur le récent site de Wolfram Syré, alias Contrabaixon, consacrés uniquement aux banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk: de vraies mines d'or! Toutes ces démos sont en MP3 (parfois .waw) et librement téléchargeables. Une astuce pour retrouver quelque chose sur Contrebombarde: allez sous l'onglet "Browse". Vous allez y trouver, classées par date, les démos les plus récentes et, sur la même page, un champ de recherche par instrument (ou lieux). Ne négligez pas non plus YouTube.

Très vite il m'a fallu tenir compte de la dure réalité des choses: à savoir que le logiciel Hauptwerk chargeant dans la mémoire de l'ordinateur la totalité de chaque banque de sons (les disques durs actuels ne sont pas encore assez rapides), il faut beaucoup de mémoire pour accéder à certains instruments. J'ai donc aussi acheté de la mémoire, puis regretté que mon ordinateur soit limité à 4 Go car cela m'interdisait l'accès à certains gros instruments, bien tentants mais qui exigent beaucoup plus (sauf à renoncer à certains jeux ou à certaines boucles). Allez, ça forçait à rester raisonnable! J'ai ensuite changé d'ordinateur pour un iMac doté de 8 Go de mémoire vive, ce qui me permet enfin de charger de plus grosses banques de sons dans toute leur splendeur. La sortie, toutefois, de la version 4 de Hauptwerk, laquelle occupe environ 500 Mo de RAM en plus, a remis un peu en cause tout cela et certaines de mes plus belles banques de sons commençaient à se trouver bien à l'étroit. Mais cette version 4, entièrement ré-écrite et dont la présentation a été totalement refaite, apporte tant d'améliorations qu'elle s'impose naturellement. Voilà pourquoi j'ai donc fini par craquer et passer la mémoire de mon iMac à 16 Go, ce qui me permet de charger presque toutes mes banques de son en 24 bits. Bien entendu, tout cela supposait que je possède la version étendue de Hauptwerk puisque, comme je l'explique plus haut, la version de base est limitée à 3 Go utilisables. La mise à jour m'a été offerte par Martin Dyde, le créateur de Hauptwerk, en remerciement des traductions que j'avais faites de son site web. Je l'en remercie vivement.

La profondeur de l'échantillonnage a en effet de l'importance: plus elle est élevée et plus la restitution est fidèle et précise. Hauptwerk permet 4 types de chargements et même un panachage jeu par jeu:

- 14 bits (recalculés): c'est le minimum, faute de mieux, mais ça peut sauver la mise ou encore gagner quelques Go en réservant cette profondeur à des jeux secondaires, comme les bruits de mécanisme, de soufflerie ou aux jeux les plus graves du pédalier pour lesquels cela a moins d'importance et peuvent même à la rigueur être chargés en mono (Hauptwerk, de toutes façons, va recalculer automatiquement la stéréo, selon une disposition dans le buffet adoptée par la plupart des facteurs d'orgue);
- 16 bits: c'est la proposition par défaut lors d'une installation et le résultat est en général assez plaisant. C'est aussi la profondeur maximum autorisée par la version gratuite de Hauptwerk. À titre indicatif, tous les CDs de musique du commerce sont en 16 bits.
- 20 bits (recalculés): cela apporte tout de suite beaucoup plus de réalisme à l'orgue. L'éditeur de Hauptwerk recommande même de charger en 20 bits les banques de sons uniquement proposées en 16 bits, à chaque fois que la mémoire ou la banque de sons l'autorise, afin d'obtenir des sons plus purs.
- 24 bits (recalculés ou non): une oreille un peu exercée entend tout de suite la différence et l'orgue y gagne un réel supplément d'âme.

Cela vaut donc la peine de prendre son temps et de tester plusieurs (très longs) chargements successifs afin de déterminer lequel utilisera au mieux votre mémoire. Il suffit parfois de peu de choses pour passer. Il arrive aussi (en particulier chez Sonus Paradisi) que certains jeux soient enregistrés sur deux voies séparées (gauche et droite); il n'est dans ce cas guère utile d'encombrer la mémoire en les chargeant en stéréo. Aussi, si on ne dispose pas d'un équipement surround, le chargement des voies arrières (rear) est inutile, voire parfois déconseillé. Mais des essais sont conseillés car même sur une installation stéréo un chargement des voies arrières, si la mémoire l'autorise, peut apporter beaucoup d'ampleur et de réalisme à un instrument (c'est presque toujours le cas chez Augustine ou chez Sygsoft).

Je me trouve donc à présent à la console d'un certain nombre d'orgues, souvent historiques et parfois prestigieuses qui sonnent remarquablement, avec un réalisme tel qu'il est parfois difficile de ne pas se croire à la tribune même de l'instrument (c'est du moins ce que m'a affirmé un ami organiste à qui je faisais tester la banque de sons du beau Cavaillé-Coll de Metz).

L'édition de nouvelles banques de sons est d'ailleurs en constante progression et leur qualité s'améliore régulièrement (quitte à devenir parfois des monstres en ce qui concerne la place nécessaire en mémoire). Il est intéressant de noter que, contrairement aux orgues électroniques que l'on trouve tout faits dans le commerce et qui sont plus ou moins l'œuvre de techniciens, les banques de sons destinées au logiciel Hauptwerk sont toutes dues à des organistes professionnels ou à des amateurs éclairés, très exigeants sur leur instrument et à l'oreille impitoyable. Les critiques des utilisateurs, sur le forum (en anglais) du site de Hauptwerk ne sont pas moins directes et souvent très "pointues". Et le forum français a de plus en plus de participants. On trouve aussi de nombreuses indications intéressantes sur le forum de l'Orgue Libre, dont le ton effectivement très libre et souvent passionné est toujours très rafraîchissant, mais qui semble un peu délaissé depuis quelque temps. On vient également de me signaler cet intéressant forum consacré aux orgues Hammond.

Il est aussi remarquable que ces numérisations permettent de sortir des sentiers battus et des orgues passe-partout. Elles sont l'occasion de garder une trace aussi fidèle que possible, en leur état actuel, d'instruments rares et originaux, ou encore en péril, qu'aucun constructeur d'orgues électroniques ne s'aviserait de vouloir reproduire, faute de débouchés commerciaux. On a même vu produire des banques de sons d'orgues devenus parfaitement injouables mais dont une bonne partie des tuyaux était encore capable d'émettre un son à peu près correct, pour peu qu'on sache le leur demander gentiment, note par note. Nous nous trouvons ainsi en présence d'instruments dont les sonorités ont été reconstituées et qui peuvent être joués par Hauptwerk, à défaut de l'être dans la réalité. Souvent, aussi, une partie du produit de la vente de banques de sons est reversée à des organismes chargés du sauvetage ou de l'entretien des orgues en question. Au moins cela donne bonne conscience.

Pour les moins fortunés ou les allergiques, par principe, à Hauptwerk

- Pour les "radins" et les bidouilleurs, je signale également le logiciel libre et gratuit GrandOrgue (pour Windows et Mac OS X). À l'origine ce logiciel se nommait MyOrgan et a été assez controversé car c'était pratiquement une copie de la version 1 de Hauptwerk (qui n'est plus commercialisée maintenant et est même devenu introuvable). Il utilisait les mêmes banques de sons en 16 bits que Hauptwerk 1 (ce ne sont pas toujours les meilleures mais certaines sont très honorables et beaucoup sont gratuites ou peu coûteuses). La présentation était assez spartiate mais il offrait, en gros, les mêmes fonctions que Hauptwerk 1 avec un encombrement en mémoire un peu plus faible. Comme il ne stockait pas les caches de ses banques de sons sur le disque dur (comme le fait Hauptwerk), un petit disque dur convenait parfaitement, mais le chargement était plus long.  L'auteur de MyOrgan, qui cherchait semble-t-il à apaiser sa conscience... ou était menacé de poursuites, a vendu son produit à MDA. Il est devenu introuvable mais je l'ai retrouvé archivé sur un coin de mon disque dur: pour les curieux et les archéologues.

Le logiciel étant toutefois un logiciel libre, il a été repris par d'autre programmeurs plus prudents et des versions plus abouties sont sorties sous le nom de GrandOrgue, copie assez fidèle de la version 2 de Hauptwerk  mais moins compatible. Il peut charger quelques banques de sons gratuites et bien faites prévues pour des versions 2, 3 ou 4 de Hauptwerk (moyennant la ré-écriture de leur ODF), avec création de caches et prise en compte des lâchés multiples. Quelques vieilles banques de sons au format HW 1 sont même acceptées directement par GrandOrgue (elles deviennent rares...). Attention plusieurs banques de sons de ce site s'installent par le biais d'un fichier .exe et sont donc prévus pour Windows, mais rien n'empêche de les récupérer sur un support externe, un fois installés sous Windows, pour les utiliser sous MacOS. Je me dois toutefois de signaler que la version 2 Mac de ce logiciel est passablement buguée et, d'après ce que l'on m'a dit, inférieure à la version pour Windows; elle n'est plus compatible avec macOS Catalina et suivants. La version 3 de GrandOrgue, beaucoup plus aboutie, est par contre acceptée par macOS Catalina, mais ne l'est plus du tout par les versions antérieures de macOS.

Il existe d'autres versions de GrandOrgue pour Windows (Windows 7 pro et Windows 10, familial et pro), plus stables et plus abouties que la version macOS, ainsi que pour Linux XUbuntu 16, 18, 20 ou 22 dont un correspondant me dit qu'elles fonctionnent parfaitement, surtout si on allège au maximum en désactivant le réseau principal et en se pssant des options inutiles.

Cela peut être une alternative intéressante, mais Hauptwerk (si on fait abstraction de son prix très "américain") donne tout de même de meilleurs résultats, à mon avis; surtout avec les banques de sons les plus récentes et - c'est très important - possède un bibliothèque autrement plus fournie. Également, la gestion des panneaux de GrandOrgue est tellement peu intuitive qu'elle relève en très grande partie de l'énigme pure et simple (c'est un utilisateur passionné qui me l'a avoué). Toutefois des tutoriels sont dispo ici. Les réglages de GrandOrgue, bien qu'en français, sont en effet moins évidents que ceux de Hauptwerk, même s'il lui emprunte à présent le si pratique clic-droit pour le paramétrage MIDI des claviers/pédalier. GrandOrgue prend donc maintenant en charge la réverbération à convolution et de nombreux fichiers "Impulse response" sont dispo ici. Le support de GrandOrgue n'est toutefois assuré que par les forums spécialisés. En outre - et je l'ai moi-même expérimenté - une moins bonne gestion de la mémoire vive et de la compression des données, fait que GrandOrgue a souvent besoin de plus de mémoire que Hauptwerk, pour des banques de sons identiques, voire moins grosses: bien des instruments pouvant être chargés sans encombre dans les 1,5 Go autorisés par Hauptwerk gratuit deviennent inutilisables, sous GrandOrgue, avec un mac équipé de 4 Go de RAM, faute de mémoire (j'ignore ce qu'il en est pour Windows). Aux dernières nouvelles, le développement de ce logiciel a été repris par Denis Roussel, Oleg Samarin et Lars Palo au sein du groupe GitHub. Une affaire à suivre de près.

L'examen attentif des plus anciennes banques de sons banques de sons proposées pour GrandOrgue (en particulier celles que l'on trouvait autrefois sous un lien qui a été supprimé) révèle que chaque jeu se compose parfois d'un nombre très limité d'échantillons: en général 6 par jeu au clavier et 4 par jeu au pédalier, voire moins que cela. Tout le reste est recalculé par interpolation. On est très loin des banques de sons pour Hauptwerk qui, sauf rares exceptions, comportent au minimum un échantillon par tuyau (donc 61 par jeu de clavier et au moins 30 par jeu de pédalier). Les banques Hauptwerk les plus abouties peuvent même avoir 3 échantillons, voire plus, par tuyau afin de différencier les attaques et les lâchés. Même si dans la polyphonie cette pauvreté de certaines banques de sons pour GrandOrgue peut passer plus ou moins inaperçue, il suffit de monter une gamme pour entendre très nettement les reprises des échantillons.


Une de ces anciennes banques de sons, celle dite Clicquot II , pour GrandOrgue
(agréable, bien faite, mais très sèche)

Les banques de sons dérivées de banques gratuites pour Hauptwerk sont cependant mieux loties. Celles de Piotr Grabowski en particulier sont, mis à part un affichage plus simple (GrandOrgue gère mal l'affichage vectoriel), identiques en qualité avec les versions pour Hauptwerk et, il  faut le dire, les plus récentes d'entre elles étaient même d'une qualité exceptionnelle. Les versions GrandOrgue de ses premiers instruments gratuits ne semblent  pas évidentes à trouver, mais si on demande en fait le téléchargement d'un de ces orgues, on reçoit automatiquement les liens pour les deux versions (HW et GrandOrgue). Depuis le 8 juin 2020 il propose à se clients des ODFs pour GrandOrgue des banques de sons d'Oloron-Sainte-Marie, Erfurt-Bußleben , Bégard et Saint-Jean-de-Luz. et semble bien décidé à continuer pour les suivantes Comme quoi tout le monde peut changer d'avis. Cela se trouve en téléchargement sur cette page et ça fonctionne aussi bien pour les démos que pour les versions complètes, qu'il est donc nécessaire d'avoir achetées préalablement (pour celles qui sont payantes). Une petite vidéo explique la marche à suivre. Les ODFs sont proposés au format .rar à décompacter, sous plusieurs variantes en fonction du tempérament et de la taille de l'écran.
 
Il en est de même pour celles de Maltese Historic Pipe Organs (envoyées uniquement sur demande sous ce lien
). Viennent de sortir début mars 2025 (pour GrandOrgue à partir de la version 3)
- l'orgue de l'église Saint-Jean de la Croix à Ta'Xbiex

- l'orgue de l'église Saint-Nicolas à Siggiewi


- un harmonium Lindholm

- et est annoncé l'orgue anglais de Ste-Marie Reine à Marsa

...ainsi que pour toute la production de Casacota dont le très beau Grenzing de l'école de musique de Barcelone. ou celles figurant sur cette autre page. À considérer également le petit orgue de salon d'Onderhorst. (uniquement sur requête auprès de l'éditeur) et tous les clavecins de Soni Musicae.
J'ai découvert récemment le site allemand de BinauralPipes qui propose plusieurs bonnes banques de sons gratuites, mais uniquement pour le logiciel GrandOrgue (l'éditeur s'oppose catégoriquement à tout portage sur un autre logiciel, et particulièrement sur Hauptwerk dont il désapprouve la politique commerciale; ce qui est fort regrettable pour les utilisateurs de Hauptwerk).


l'orgue d'Othfresen


l'orgue de Lochtum


L'orgue Sauer de Villa Seligmann


l'orgue d'Iba


l'orgue d'Obersuhl


l'orgue de Niederzwehren
D'autres sont en préparation. Un éditeur intéressant

Découvert un peu par hasard sur YouTube, l'orgue de l'abbaye St Pierre et St Paul à Solignac dont une vidéo de la banque de sons pour GrandOrgue avait été publiée par son éditeur Sebastian Halas. Je lui en ai fait la demande et il me l'a fort gentiment envoyée. Cet orgue de 8 jeux de style français et d'un facteur inconnu probablement du début du XVIIè siècle, se trouvait dans un couvent des oblats de la région de Liège. Il a été donné en 1945 à l'abbaye de Solignac et très respectueusement restauré (avec ajout d'une belle voix-humaine). Une banque de sons soignée, bien présentée, d'un des très rares petits orgues anciens français à un clavier rescapés de la Révolution et des "améliorations" du XIXè siècle. Augustine, avec l'accord de Sébastian Halas en a fait le portage sur Hauptwerk.

Du même Sebastian Halas nous avons à présent l'orgue de l'Arbresle (à côté de Lyon) dans une version pour GrandOrgue (une version Hauptwerk est envisagée par lui). Il s'agit d'un instrument moderne de 15 jeux, de style italianisant, agréable à jouer et entendre, dans une belle acoustique. La prise de sons a été faite sur 4 canaux (avant et arrière) qui ont ensuite été mixés pour obtenir une version stéréo. La réalisation de la banque de sons est soignée. Tout comme celle de Solignac elle pouvait être demandée à Sebastian Halas sur son site web. Malheureusement ce site a été fermé. mais vous pouvez toujours joindre cet éditeur par mail.


Le jeune organiste anglais Samuel Sleath a également enregistré et fait les versions pour Grand-Orgue de deux instruments de la fin du 19è siècle, situés aux environs de Londres. Augustine en a ensuite adapté ces instruments pour Hauptwerk 4 et suivants. Ste Mary Downe est distribué à un prix très modique par Samuel Sleath sur demande, à partir d'un formulaire du site d'Augustine, Cudham n'a jamais été finalisé.

Ste Mary Downe


Cudham (peut être un jour disponible)

Mon attention a récemment été attirée par des démos parues sur contrebombarde de l'orgue construit par le père Élie COLIN astronome et facteur d'orgue (1852 - 1923) en 1890 dans la cathédrale de l'Immaculée Conception à Antananarivo (Tananarive, Madagascar) et dont on peut trouver effectivement une version pour GrandOrgue, due à Dominique LACAUD. Cette banque de sons de 15 jeux a été réalisé (selon le site web) "à partir des informations relatives à l'instrument", en 16 bits stéréo. Il est donc peu probable qu'il ait été numérisé sur le site, mais le résultat est assez convaincant. C'est un instrument de 2 claviers avec un unique jeu de flûte 32' au pédalier dans un style plutôt romantique mais avec un beau cornet et 3 jeux d'anches qui lui offrent des possibilités de répertoire étendues.

Parmi les anciennes banques de sons distribuées en shareware et acceptées par GrandOrgue, j'ai également relevé l'orgue de St Stephen de Penrith par Nick Appleton). Dans les banques de sons commerciales je note le petit orgue de l'université de Buzard (par MDA) qui n'est plus commercialisé, chez Sygsoft les version HW1 et seulement sur demande des orgues de Eenum, Krewerd, Wirdum, de la Boezemkerk de Bolnes et chez OAM les versions HW1 de Boara-Polsine (qui n'est plus proposé) et de Roquemaure. On m'en signale parfois qui sont parfaitement inconnus comme l'orgue slovaque de Bratislava-Petrzalka.

Arrivé très discrètement début septembre 2023, le magnifique orgue orgue néo-baroque de Norrfjärden, en Suède, produit par Lars Virtual Pipe Organs à qui nous devons déjà Bureá, Kalvträsk et Pitea pour Hauptwerk, décrits dans la page des orgues gratuites. Il s'agit d'un instrument construit en 1997 qui s'efforce de reconstituer ce qu'avait été l'orgue de l'église allemande de Stockholm en 1684, duquel on trouve encore de éléments ré-employés dans diverses églises suédoises. L'instrument comporte 36 jeux sur 3 claviers et pédalier, à traction mécanique, accordé au tempérament mésotonique (1/4 comma). Claviers et pédalier ont une étendue limitée et une octave courte. Cela pouvant sembler déroutant pour les non spécialistes, la banque de sons en propose une version étendue plus conforme à nos habitudes.
L'orgue avait été enregistré par Lars Palo en 2011, en stéréo mais depuis deux emplacement différents (un pour le positif, et un autre pour les autres divisions). Il a fallu attendre 2023 pour que la banque de sons soit écrite. La présentation propose les jambages G/D dans une même fenêtre, une présentation simplifiée des jeux et le réglage des bruits. Mais vous ne pourrez l'ouvrir qu'avec la plus récente version de GrandOrgue. Ça en vaut la peine car cet instrument est somptueux et ses timbres très intéressants. Une version pour Hauptwerk serait très souhaitable. Aux dernières nouvelles Augustine, avec l'accord de l'éditeur et sous les conseils de Dominique Dantan, s'en est chargé, avec un réel talent. La banque de sons Hauptwerk, ré-équilibére avec ses flûtes admirables et ses anches somptueuses devrait être proposée très prochainement.

Découvert aussi récemment par moi l'orgue canadien Kitchener de l'église du Saint-Sacrement, proposé par J.P. VERPEAUX sur son site en  version 1, pour un prix très modique. Un instrument de 13 jeux sur 1 clavier et pédalier; mais si vous l'achetez vous en recevrez également deux versions étendues, l'une à 1 clavier et l'autre à 2 claviers et 23 jeux (copie d'écran ci-dessous). Un bel instrument à traction mécanique, accordé au tempérament Valotti, construit par Brunzema en 1983, puis augmenté en 1991. Il sonne parfaitement, avec des jeux d'anche sonores une belle réverbération. Attention, cet orgue ne peut être importé dans Hauptwerk.


Une autre mine d'or pour trouver des ODFs GrandOrgue (à partir de la version 3.4.2) de banques de sons initialement écrites pour Hauptwerk est le site de Andrew Hall. Essentiellement des instruments proposés par Augustine et Sonus Paradisi qu'il vous faudra toutefois acheter pour pouvoir en bénéficier car le site ne fournit que les ODFs mais pas les échantillons allant avec.

Le site du suédois Ars Palo propose aussi divers instruments pour GrandOrgue, à partir de sa Version 0.3 dont certains sont introuvables ailleurs.
- Burea: chapelle funéraire (1 clavier et pédalier, étendu à 8 jeux)
-
Burea: église (3 claviers et pédalier, 33  jeux étendus à 63)

- Burea: orgue de chœur: 7 jeux sur 1 clavier et pédalier
- Kalvträsk: 7 jeux sur & clavier et pédalier, étendus à 33 jeux sur 2 claviers et pédalier

- Pitéa: école de musique: 35 jeux sur 3 claviers et pédalier

- Bygdsijum: 11 jeux sur 2 claviers et pédalier

- Jukkasjärvi: 15 jeux sur 2 claviers et pédalier

Cependant, à mon humble avis, GrandOrgue a surtout pour lui sa gratuité, la qualité et la variété n'étant pas toujours au rendez-vous. Mais cette opinion n'engage que moi et GrandOrgue a de très farouches partisans... qui ne perdent d'ailleurs pas une occasion de me le faire savoir.

On trouvait naguère un petit logiciel gratuit (Organ Builder) pour en fabriquer des ODF pour Grandorgue à partir de banques de sons prévues pour Hautwerk. Cette page a été fermée mais Organ Builder a été repris sur un autre site. Un de mes lecteurs a testé et s'en dit satisfait mais l'arrivée de GrandOrgue 3 a un peu changé la donne et les adaptations. de Hauptwerk vers GrandOrgue deviennent de plus en plus difficiles. Il me signale également une autre page où se trouvent divers ODFs de banques de sons pour Hauptwerk adaptées au logiciel GrandOrgue. Encore faut il au préalable récupérer les "packages" Hauptwerk correspondants, avec les échantillons sonores. Pour mémoire:
- San Carlo Brescia standard multi-release: packages 369 et 371
- Kdousov: package 348
- St Michel en Thiérache démo: package 869
- Saint Maximin démo: package 843

GrandOrgue en est donc actuellement à sa version 3 qui semble bien acceptée par Windows et relativement bien par MacOS  mais dont un bug empêche qu'il quitte proprement. Sous macOS il faut donc penser à enregistrer manuellement ses paramètres (configuration des claviers entre autres) avant de quitter. La gestion de la réverbération artificielle par IR ne semble pas possible non plus (du moins je n'ai pas trouvé comment faire), mais avec le réglage correct la réverbération naturelle enregistrée et bien restituée. Les anciennes banques de sons écrites pour les version précédentes de GrandOrgue sont en principe acceptées par la version 3.

Pour conclure: pour tous ceux qui acceptent donc de mettre la main à la pâte et sont sous Windows, GrandOrgue peut être une alternative intéressante à Hauptwerk, mais il ne s'agit pas de "Monsieur-tout-le-monde". Bien entendu il va sans dire que toute adaptation ou modification de banques de sons existantes suppose l'accord préalable de leur auteur, surtout s'il s'agit de banques de sons à caractère commercial. Certains ferment les yeux, d'autres s'y opposent; lisez les licences. Et cela vaut dans les deux sens. Sont évidemment exclues pour les utilisateurs de GrandOrgue les banques de sons Hauptwerk cryptée (de plus en plus nombreuses), dont l'ODF ne peut être édité (sinon il suffit d'un simple éditeur de texte comme Notepad2 pour Windows ou bien TextEdit ou mieux encore Smultron pour mac). Bref, un logiciel libre et gratuit, en constante évolution et sur lequel il est bon de garder un œil.

- Tout nouveau, mais déjà très prometteur voici que pointe son nez en ce début d'octobre 2021 le logiciel néerlandais Sweelinq. Il est actuellement en version 2

Il était au départ en pré-version proposée gratuitement avec deux banques de sons d'orgues situés dans la GroteKertk de Dordrecht.


l'orgue Kam (1855) - 51 jeux sur 3 claviers + pédalier

L'orgue Bach (2007) inspiré de celui de Freiberg - 34 jeux sur 2 claviers + pédalier

Il est à présent en version définitive (payante par abonnement, avec une période d'essai gratuite de 14jours). Sont venus s'y ajouter l'orgue de Westzaan - St Joris Kerk construit en 1866 par Flaes & Brünjes.

Pour le 17 septembre 2022, sortie de la version définitive de Sweelink et de l'orgue Bätz de Gorinchen.

Puis à la mi mars, l'orgue Vierdag de la Oude Kerk de Veenendaal, un néo-baroque de 21 jeux sur 2 claviers+pédalier

Début avril 2023 Sweelinq vient marcher sur les plates-bandes de MDA et nous proposant sa version de l'orgue Hinz de Kampen. Après le doublé Pipeloops / Prospectum de l'orgue de Maihingen c'est la seconde fois qu'un éditeur nous fasse une banque de sons déjà éditée par un concurrent, qui ne va certainement pas apprécier...

 

Et ça continue à la cadence d'un instrument chaque mois. Début mai 2023 nous avons droit à l"orgue de l'Augustinjnenkerk de Dordrecht, construit en 1899 par la société Maarschalkerweeerd dans un style inspiré de celui des orgues construits à la même époque par Cavaillé-Coll. C'est un instrument de 21 jeux sur 2 claviers et pédalier, n'exigeant pas plus de 8 Go de RAM

Et en juillet 2023 un orgue français: l'orgue Kleuker de Notre-Dame des Neiges à l'Alpe d'Huez un instrument moderne de 24 jeux sur 2 claviers+P construit en 1978 sur les plans de Jean Guillou.


En septembre 2023 c'est l'orgue Boogaard de l'Ichthuskerk de Urk qui arrive. C'est un instrument moderne mais inspiré par ceux de Hinz: 45 jeux sur 3 claviers et pédalier

Pour la Toussaint 2023 nous avons droit à l'orgue Müller de la Grote Kerk de Leeuwarden (1724 - 1727) mais plusieurs fois restauré et modifié au cours ces temps, jusqu'à 2002. 38 jeux sur 3 claviers et pédalier. Il peut être ouvert dans 5 Go de RAM.

Fin mai 2024; c'est le très bel orgue Vater-Müller de la Oude Kerk d'Amsterdam qui vient s'ajouter au catalogue de Sweelinq. Cet instrument de 54 jeux sur 3 claviers et pédalier a vu le jour en 1724 avant d'être démonté car le clocher au dessus menaçait de s'effondrer. Remonté à l'identique en 1870 par Bätz et Cie il a été restauré entre 2015 et 2019 par la société Reil (de Heede)



Avec la sortie de la version 2 de Swellinq sont venus s'ajouter 2 autres orgues:

Le Cavaillé-Coll de Poligny, 26 jeux sur 2 claviers et pédalier, inauguré en 1859 par Lefébure-Wély



L'orgue anglais de Schagen, 31 jeux sur 3 claviers et pédalier, construit en 1882 par John Nicholson pour l'église Sainte-Marie-Madeleine de Worcester et remonté dans la St. Christoforuskerk de Schagen aux Pays-Bas.



D'autres banques de sons d'orgues arrivent dont l'orgue de chœur Ahrend de la Oude Kerk d'Amsterdam. construit en 1965 par Ahrend & Brunzema dans un buffet de 1658 et ré-accordé au tempérament mésotonique 1/4 de comma en 2002. Cet instrument dialogue agréablement avec l'orgue de Tribune déjà proposé par Sweelinq


L'orgue Bätz de l'église luthérienne de la Haye (Den Haag) nous avais déjà été proposé par Sonus Paradisi. Sweelinq nous en donne sa version. À vous de choisir.

Celui de la Pfarrkirche de Göch nous avait été proposé par Piotr Grabowski. Sweelinq nous en donne également sa version personnelle.

Arrivé en février 2025, voici l'orgue Wolfferts-Heijneman de la St. Maartenskerk de Zaltbommel. Cet instrument de 39 jeux sur 3 claviers et pédalier est une reconstitution de 1985 , par S.F. Blank, d'un orgue construit par Matthijs Wolfferts en 1788 et repris en 1796 par Heijneman et enfin en 1905 par Naber. La version actuelle de cet instrument reprend la disposition de celui de 1796 tout en préservant une bonne partie de celui de Naber. Cela nous donne un orgue à 3 claviers (dont deux avec tremblants) et pédalier, très complet et propre à l'exécution d'un large répertoire.

À nouveau un premier avril, mais cette fois ci en 2025, voici l'orgue Mathis de la St. Peterskirche de Görlitz (Allemagne). Cet instrument construit en 1990 par la société suisse Mathis Orgelbau, est inspiré d'un premier orgue de 57 jeux construit en 1697 par Eugenio Casparini et son fils Adam Horatio, resté en place jusqu'à 1894. Il a été augmenté en 2004 d'un Récit de 23 jeux et de 3 nouveaux jeux au pédalier. L'instrument actuel, inauguré en 2024, comporte 96 jeux sur 5 claviers et pédalier, dont un clavier "Engelwerk" de 6 jeux d'anches en chamades typiquement espagnols qui, à la demande de l'église, n'a pas été inclu dans la banque de sons. Il convient à tous types de répertoires.

Swelinq, maintenant en version 2, est proposé pour 3 plateformes: Windows 10 64 bits (Windows 7 et 8 sont donc exclus), MacOS 10.15.6 et suivants, Ubuntu 18.04 64bits et suivants. Ceci est un minimum et des versions plus récentes sont préférables. Il peut se contenter en principe de 8 Go de mémoire mais 16 Go sont préférables (et même à mon avis indispensables). J'ai constaté chez moi que sur mon macMini 8Go la plupart des jeux du GO de l'orgue Bach n'arrivaient pas à suivre; pour le Positif ça va. Pour l'orgue Kam il ne faut même pas y penser. L'installation est simple via un formulaire en néerlandais ou en anglais (cliquer sur la mappemonde). Ensuite on est guidé pas à pas pour la configuration MIDI, audio et claviers par un "wizard" assez semblable à celui de Hauptwerk, en plus simple. Un petit manuel en anglais est heureusement proposé au téléchargement.

En dépit des limitations en mémoire de mon matériel (mon iMac 16 Go tourne avec un système trop ancien pour être accepté par Sweelinq et je n'ai pas testé sur mon autre mac M2), j'ai trouvé ce logiciel agréable, bien présenté et facile à utiliser, avec un excellent rendu sonore, des possibilités de dosage de l'audio et de la réverbération très simples à mettre en œuvre et un système d'enregistrement de registrations semblable à celui de Hauptwerk. Un logiciel très intéressant et à suivre, par conséquent. Vous avez droit à une période d'essai gratuite de 14 jours avant de confirmer votre inscription. On en reparlera certainement mais il aura du mal à s'imposer. Tout dépendra surtout de la volonté des éditeurs de porter leurs banques de sons sur ce nouveau format: pas gagné d'avance. Actuellement Sweelinq est proposé par abonnement mensuel de 10,99 € ce qui nous fait tout de même dans les 132 € par an et aucun éditeur ne s'est porté volontaire pour écrire pour ce logiciel ou y porter ses banques de sons. Par contre toutes les banques de sons actuelles (et probablement à venir) pour Sweelinq sont comprises dans le prix et leur nombre augmente rapidement. À chacun de voir son intérêt.

- Nouveau venu dans l'écurie des logiciels de simulation d'orgues virtuel, le tchèque Cecilia. Ce programme n'existant pour l'heure que pour Windows (une version Linux est envisagée) je n'ai pas eu le loisir de le tester mais, sous toutes réserves, voici en substance ce qu'en dit un utilisateur italien sur son compte FaceBook:
Disons tout d'abord que ce logiciel VPO gratuit a été conçu au départ pour exploiter les banques de sons de Sonus Paradisi qui en a largement financé l'écriture et la production. Après inscription sur le site vous accédez à un dossier de téléchargement du logiciel et de quatres banques de sons gratuites (Velesovo; Doesburg, Menesterol et Kdousov). Vous airez ensuite la possibilité d'en acquérir d'autres. Vous disposez alors de fichiers XML activés par un jeu de licences proposées sur le site.
L'utilisation de Cecilia est assez intuitive, sauf la configuration audio qui passe par un bouton "apolv" bien trop discret pour être trouvé facilement. Tout se passe en temps réel et reste en mémoire. La fonction phare du logiciel est le réglage de la réverbération qui peut être réduite, voire rendue parfaitement sèche. S'y ajoute une moteur d'ajout de réverbérations IR comme dans HW 5 et suivants. Le site donne plus de détails sur les fonctions du logiciel qui semblent être très proche de ce que propose Hauptwerk et Sweelinq.
Le son obtenu est, selon ce testeur italien, très naturel et du même ordre que celui obtenu avec Hauptwerk.

Un autre correspondant m'écrit: Niveau son pas de latence relevée... les fichiers sont légers comparés à ceux pour Hauptwerk. Belle définition mais faut trouver où on règle la réverbération. Sécurité renforcée même pour les gratuits. Dès qu'on installe le logiciel en étant connecté à internet, il reçoit automatiquement un code PIN qui s'affiche sur l'écran (page d'ouverture du logiciel). Ensuite, on doit installer une licence par sample, à chercher sur le site. On entre ce code PIN dans la case en face de chaque Sample et ça génère un autre code PIN spécifique à l'ordinateur pour cette banque de sons. Après téléchargement il faut encore le saisir dans la rubrique "Licences" avant l'installation de la banque de son. Le tour est joué. La détection des claviers est d'une rare simplicité. Le menu qui s'ouvre à gauche est déroulant et donne accès à de multiples fonctions dont certaines pas utiles.... on peut modifier la forme des tirants, la couleur, le fond... ça fait gadget. La présentation des consoles est spartiate, mais c'est propre, bien clean et fonctionnel.

Ne vous laissez pas prendre par les démos du site, qui n'ont rien à voir avec ce logiciel mais qui ont été réalisées avec le module expandeur Cecilia, proposé par la même société.

- À signaler également (pour mémoire) le logiciel JOrgan, qui est open-source. Écrit en Java, il a le bon goût de fonctionner dans les environnements les plus variés: Windows, MacOS (paraît-il mais je n'y suis toutefois jamais arrivé) et même Linux (sur lequel il a été développé à l'origine. On me signale toutefois que pour les versions 20 et 22 de XUbuntu JOrgan n'est plus accepté, pour manque de compatibilité Java. Quelques banques de sons gratuites, une fois adaptées, peuvent être utilisées par JOrgan, mais le logiciel chargeant ces banques de sons (qui sont à l'antique format Soundfonts et formées d'un nombre réduit d'échantillons) dans la carte son de l'ordinateur, n'est pas accepté par toutes les cartes sons et le résultat est tout aussi pauvre qu'avec les premiers balbutiements de GrandOrgue. À réserver, par conséquent, aux inconditionnels de Linux.


un bel exemple de banque de sons sous JOrgan

- Pour les linuxiens les plus intégristes (ou ceux disposant de très peu de mémoire) on me signale le logiciel (gratuit) Aeolus. Contrairement aux autres applications d'émulation d'orgue, Aeolus ne fait pas appel à des banques de sons  numérisés, mais procède par synthèse sonore (un peu de la même façon que Pianoteq et Organteq, dont il est question en fin de cette page); ce qui est un véritable tour de force quand on connaît la complexité des sons pouvant être émis par un orgue. Le résultat est assez impressionnant, même s'il reste un peu plus "électronique", assez plat et avec des attaques moins réalistes que ce que peut donner une bonne banque de sons sous Hauptwerk. Mais c'est à mon avis au moins aussi agréable à entendre que GrandOrgue ou JOrgan pilotant une médiocre banque de sons. Les démos figurant sur le site de l'éditeur se laissent écouter avec plaisir (attention elles sont au format .ogg qui n'est pas reconnu par tous les systèmes. Sur mac, utilisez Quicktime 7). Aeolus propose 48 jeux, répartis sur 3 claviers et un pédalier, 5 tempéraments, un son stéréo ou surround et de belles possibilités de réverbération. Là où ça se gâte c'est que l'installation d'Aeolus est un vrai parcours du combattant. Pour qui ne maîtrise pas parfaitement linux (ce qui est mon cas) c'est mission quasi impossible. On m'a conseillé d'utiliser KXStudio, qui est une version dérivée de Ubuntu, spécialement adaptée aux logiciels musicaux et qui peut être testée (aussi bien sur un PC que sur un mac) depuis un DVD ou une clef USB, sans avoir à faire la moindre installation. Cela, je l'ai vérifié, est exact et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'actuelle version de KXStudio proposait Aeolus avec les autres applications audio pré-installées. Il y a heureusement un mode d'emploi en ligne qui se trouve sous ce lien. En ouvrant cette page dans Ubuntu, on a un lien de téléchargement et d'installation du logiciel Aeolus.

Après bien des tentatives je me suis heurté à l'évidence suivante: sur mac, s'il est possible et même assez simple d'installer une version d'Ubuntu sur un disque dur externe il n'est par contre pas possible (sauf tripatouillages peu recommandables de l'EFI de l'ordinateur) de démarrer sur un disque au format Linux. Ils ne sont même pas reconnus), en dehors du DVD d'installation ou d'une clef USB dédiée. On peut, bien entendu, installer Ubuntu sur le disque interne du Mac et démarrer dessus, mais alors on n'a plus de mac! Par contre on peut y installer Aeolus et s'en servir. C'est un choix, mais c'est un choix douloureux.  Bien plus, même si le démarrage sur le DVD d'installation propose de booter au choix depuis le DVD ou depuis un disque dur, cette option semble ne pas fonctionner sur mac.

Bref Aeolus, ce n'est pas pour les utilisateurs de mac. Il semble par contre que pour les PC sous Windows ce soit sans problème, mais je n'en ai pas l'expérience. Oublions donc Aeolus, Organteq fait beaucoup mieux.

- Également pour Linux on trouve le logiciel Genpo qui n'est pas à proprement parler un simulateur d'orgue mais un créateur d'ODF à partir de banques de sons au format SoundFont (.SF2). Je n'ai pas testé mais l'unique exemple sonore du site (une fuge de Bach sur un orgue de Théâtre...) est loin d'être convaincant.

- Découvert récemment à la faveur d'une démo de Contrebombarde, le logiciel EplayOrgan de MidiMusic. Ce logiciel gratuit pour Windows (32 et 64 bits) mais pouvant également être accepté par le Mac, en émulation Windows via Bootcamp ou encore par Linux via le logiciel Wine, accepte en principe les banques de sons non protégées écrites pour HW4 ainsi que celles prévues pour GrandOrgue, à condition d'utiliser un ODF récrit pour Eplay au format XML. On trouve sur le site un certain nombre de ces ODFs en téléchargement. Je n'ai pas testé mais les démos du site m'ont semblé être peu encourageantes, sauf celles pour les orgues de théâtre auxquels ce logiciel paraît avoir été destiné à l'origine.


- On me signale le logiciel gratuit pour macOS et iOs Clavitudo, devenu Napo en version 6.1.1 Il permet d'utiliser quelques banques de sons gratuites déjà existantes pour Hauptwerk  J'avoue humblement que je ne vois pas trop l'intérêt de la chose sinon que les banques de sons au format Clavitudo sont autonomes (le logiciel y est inclus de façon transparente). Napo propose toutefois pour ceux qui utilisent un ordinateur Apple, à partir du moment où vous disposez d'une console MIDI, quelques instruments intéressants devenus introuvables ailleurs, pouvant être chargé gratuitement sur l'App Store et qui ne nécessitent donc aucun logiciel supplémentaire, dont  l'orgue Marcussen de l'ancienne église de Moerdjik (Marcmoerd) 28 jeux sur 3 claviers et pédalier  Une alternative à la version de aH Pipe Organs qui ne semble plus être distribué.

- Il existe encore d'autres logiciels de simulation d'instruments de musique, sur lesquels je ne m'étendrai pas sur cette page car ce sont essentiellement des aides à la composition (sampleurs; on dit aussi échantillonneurs), même si certains s'ingénient à les détourner de leur fonction première. Le plus connu de ces logiciels est le logiciel Kontakt 5 (de Native Instruments) pour Windows et MacOS, qui utilise un très grand nombre de banques de sons d'instruments les plus variés qui soient. Ce logiciel commercial est assez couteux mais il en existe une version gratuite, Kontakt 5 player, utilisant les mêmes banques de sons, avec quelques limitations d'utilisation. Notez que Kontakt est, à ma connaissance, le seul logiciel capable de simuler correctement les anciens orgues Hamond.

- La société Modartt, également éditrice de Pianoteq nous a présenté fin novembre 2019 son logiciel de simulation d'orgue Organteq (il vient, fin septembre 2023, d'être mis à jour en version 2.03) Ce logiciel, comme Aeolus, procède par synthèse sonore et non par échantillons enregistrés. Disponible pour MacOS, (version 10.7 et suivantes), Windows (7 et suivants) et Linux (x86), ainsi qu'en plug-in VST/AU. Simple à installer et à utiliser. La version 1 proposait la simulation d'un orgue dans le style Cavaillé-Coll, de 24 jeux sur 3 claviers/pédalier, avec une pédale d'expression et une autre de crescendo. L'orgue pouvait être ouvert dans différentes déclinaisons (mêmes jeux, mais harmonisations différentes). Les avantages de ce logiciel: une ouverture rapide, très peu de place (15 Mo sur le disque dur) et une utilisation modérée de la mémoire vive. Il exige par contre un processeur relativement musclé. Le rendu sonore était très propre, proche de ce que peuvent donner des banques de sons pour Hauptwerk, qui reste néanmoins incomparable. La licence permet l'installation sur plusieurs ordinateurs appartenant à un même utilisateur, à condition qu'il n'y ait pas d'utilisations simultanées.

La version 2, à peine plus encombrante que la précédente (27 Mo sur le disque dur), apporte de grandes améliorations par rapport à la version 1 et en particulier plusieurs orgues dont les sonorités ont été reconstituées à partir de l'analyse d'instruments existants. D'où une bien plus grande variété de style, en particulier d'orgues baroques qu'il était difficile de simuler dans la version précédente. Le nombre de jeux possibles a été porté à 50 (et ça peut aller jusqu'au 32 pieds). Les processeurs multi-cœurs sont bien pris en charge. Les réglages ont été affinés et le rendu sonore est nettement meilleur et plus réaliste, surtout pour les petits ruits annexes. Ajout de pédales, accouplements et diverses commandes. La présentation est également plus complète avec une option d'affichage simplifié des jeux, sur un ou deux écrans gauche/droit. Mais mon vieil iMac a bien du mal à suivre même en réduisant la polyphonie au maximum.

La mise à jour est gratuite pour tous ceux ayant acheté la version précédente depuis moins d'un an. Elle n'est que 29 € pour les autres utilisateurs.

Une version gratuite d'évaluation téléchargeable sur le site offre toutes les fonctions de la version commerciale, à deux restrictions près: trois # en moins dans la première octave et cinq # en moins dans la cinquième octave; obligation des relancer le logiciel toutes les 20 minutes.
Le prix demandé est comparable à celui d'une belle banque de sons pour Hauptwerk.
Une belle initiative qui ne fera peut-être pas beaucoup d'ombre à Hauptwerk mais peut rendre d'immenses services à tous ceux qui ne veulent pas trop investir, dont l'ordinateur est assez puissant mais avec un petit disque dur. Ce peut-être aussi une belle alternative à beaucoup d'instruments électroniques de synthèse, dont la qualité sonore et le choix de styles sont souvent très loin d'égaler ce que propose Organteq qui a maintenant tout d'un grand. Un logiciel devenu adulte, à recommander sans hésiter.

À tout hasard, on m'a également signalé Garitan Classic Pipe Organs: un logiciel autonome ou interfaçable à un expandeur, qui vient accompagné d'une banque de sons de 75 jeux. Je n'ai eu aucun écho et n'ai pas essayé.

En marge de ces considérations sur les orgues virtuelles je voudrais aussi signaler un logiciel remarquable de piano virtuel: Pianoteq. Il ne s'agit plus cette fois de sons numérisés mais de sons calculés par informatique, en temps réel, avec une infinie variété de réglages et plusieurs instruments (pianos, pianos-forte, clavecins, modernes ou historiques) déjà pré-réglés. Cette approche du problème convient mal à l'orgue, en l'état actuel de la technique, mais convient parfaitement au piano (ainsi qu'à d'autres instruments comme le clavecin) et a le grand avantage de n'occuper qu'une place réduite sur votre disque dur. De plus le logiciel, au moins dans sa version de base (Stage), est commercialisé à un prix très abordable. Il est protégé par un enregistrement en ligne sur le site de l'éditeur et sa licence en autorise l'installation sur 3 ordinateurs (de même propriétaire et utilisés non simultanément).

Pour vous faire une idée, vous pouvez télécharger sur le site le logiciel en version de démo. Elle est limitée à 20 minutes par session, après quoi il faut relancer, et le piano a été amputé de quelques dièses dans la première octave, mais cela permet de le tester, dans de bonnes conditions, pour peu que l'on dispose d'un clavier avec des touches dynamiques, l'étendue qui convient et un toucher convenable. Bien entendu, tout comme pour Hauptwerk, il faut une une interface MIDI et si possible une sortie son et des enceintes, ou un casque, de qualité. Notez que Pianoteq ne se limite pas strictement au piano. S'il n'aborde pas l'orgue il permet, par contre et avec beaucoup de réalisme, la virtualisation d'autres instruments: clavecins, clavicordes, piano-forte, percussion diverses et, depuis peu, une magnifique harpe de concert avec toutes ses particularités de jeu (arpèges, glissandi, etc.): impressionnant. Attention: tous ces instruments ne sont pas nécessairement gratuits.

En alternative à Pianoteq (mais en beaucoup plus onéreux), on me signale le logiciel Keyscape (Spectrasonics)qui nous vient accompagné d'un certain nombre de banques de sons de pianos et autres claviers dérivés du piano (mais ni orgue, ni clavecin). Je n'en ai aucune expérience mais il existe une présentation très éloquente sur YouTube.


En conclusion:

Hauptwerk, depuis sa version 3 pouvant à présent fonctionner en mode gratuit, avec quelques légères limitations, l'usage de logiciels tels que GrandOrgue ou JOrgan ne se justifie absolument plus, sauf pour les bidouilleurs sachant créer leurs propres Fichiers de Définition d'Orgue (ODF); d'autant que les banques de sons pour GrandOrgue ne sont pas très nombreuses et que celles au format Hauptwerk 1 deviennent de plus en plus difficiles à dénicher. J'ajoute que sur le forum US de Hauptwerk son propriétaire, qui a la rancune tenace, supprime systématiquement toute mention de ses concurrents. Vous trouverez en fin de la page 3  une liste de banques de sons, gratuites ou commerciales, qui acceptent parfaitement d'être utilisées avec la version gratuite de Hauptwerk 4 (si vous pouvez la dénicher ou si vous l'avez pieusement conservée...). Je m'efforce de la compléter à chaque fois que l'occasion se présente.


Restait un problème à résoudre: que faire de l'ancien orgue?

Il était équipé d'un système analogique parfaitement dépassé et, de toutes façons, sans doute impossible à remettre en marche; trop lourd pour être évacué facilement. D'un autre côté, c'était une console solide, avec un banc confortable, deux très beaux claviers en bois massif, de 56 notes, bien équilibrés, très agréables au toucher et un magnifique pédalier de 32 notes; le tout n'étant pas, malheureusement, à la norme MIDI.

J'ai fini par dénicher sur le net une petite société bulgare, Largonet (midi-gadgets-boutique) qui fabrique, à un coût particulièrement compétitif, du matériel électronique MIDI et assure, si nécessaire, une assistance technique aimable et empressée. Et je leur ai commandé de quoi modifier mon ancienne console pour la rendre compatible MIDI.

Heureusement, j'ai pu obtenir l'assistance d'Albert, un ami un peu plus compétent que moi car, en ce qui me concerne, le fer à souder...

Dans un premier temps il a fallu sortir la totalité de l'ancienne électronique et la majeure partie du câblage de l'ancien orgue. Il était en effet parfaitement inutile de conserver les nappes de câbles accouplant les claviers entre eux et avec le pédalier, puisque le logiciel Hauptwerk se charge à présent du travail. Ensuite, le raccordement de l'électronique MIDI à la console est, en théorie, assez simple. Mais, les schémas fournis par Midi Boutique étant peu explicites pour des profanes en électronique et plus ou moins simplifiés, ça s'est compliqué. On y est tout de même arrivé.

La norme MIDI est un codage simple de la musique qui repère chaque note par sa hauteur, sa durée, éventuellement la vitesse d'attaque, l'intensité, etc... sur 16 canaux pouvant correspondre à des instruments ou, s'agissant d'orgues, des claviers distincts); ces canaux étant eux-mêmes divisés en 16 pistes, voire 32, correspondant aux notes pouvant être émises simultanément... Il faut donc que chaque touche enfoncée renvoie un signal électrique pouvant être codé selon cette norme MIDI. Mes claviers étaient déjà équipés de contacteurs électriques; sauf à les nettoyer et redresser un peu et également à refaire quelques contacteurs du pédalier, qui sont à glissière et intégrés à la console, il n'y avait rien à modifier de ce côté là. Un fil partait de chaque contact et une barre de cuivre sous les contacts assurait la liaison à la masse lorsque la touche était enfoncée.


l'arrière de mes claviers avant midification

Les signaux électriques provenant des contacteurs d’un clavier sont des signaux tout à fait basiques: le courant passe ou il ne passe pas. Ils ne comportent aucune indication sur le nom ou la hauteur de la note. Pour pouvoir utiliser un ancien clavier, par exemple provenant d’une console analogique, il va donc être nécessaire de passer par l’intermédiaire d’une carte encodeur MIDI qui soit capable, d’une part de reconnaître le nom de la note jouée et d’autre part d’engendrer le signal MIDI correspondant à cette note, avec ses signaux annexes de début et de fin. L’encodeur utilisé par moi est celui qui est commercialisé par MidiBoutique sous le nom de hcwe. D'autres modèles lui ont succédé, mais en plus de 12 années de bons et loyaux services, cet encodeur ne m'a jamais fait défaut.

Cet encodeur possède plusieurs connecteurs (de 4 à 6 suivant le modèle choisi) dont chacun peut être relié à un clavier différent ou à un pédalier. Ce sont des connecteurs à 2 rangées de 8 broches. Chaque note peut en effet être définie par un nombre, qui est le produit de deux chiffres compris entre 1 et 8; ce qui permet 64 combinaisons au total (8 x 8). Lorsque l’encodeur reçoit un groupe de deux signaux allant de 1 à 8, il sait donc de quelle note il s’agit, sur un clavier ayant au maximum 64 touches; ce qui est amplement suffisant pour n’importe quel orgue.

Le câblage MIDI

La transformation de chaque clavier a donc consisté en un câblage des touches de façon à ce que chacune d’entre elles puisse produire deux signaux électriques distincts, repérables par un chiffre allant de 1 à 8. La combinaison de ces 2 signaux engendre un numéro allant de 1 à 64. Pour cela il y avait deux possibilités.

La première, que j'ai adoptée et qui est aussi la plus simple (mais la plus coûteuse), est de laisser le soin de cet encodage à une carte électronique dédiée qui, chez MidiBoutique, se nomme Keymux64. Cette carte comporte une série de 4 connecteurs permettant 64 branchement au maximum. Sur de nombreux claviers les contacts se font par la simple rencontre d’un élément relié à l’alimentation électrique, avec une barre servant de masse. Pour éviter les retours intempestifs de courant, lorsque plusieurs notes sont pressées simultanément, chaque contact est équipé d’une diode qui, par définition, ne laisse passer le courant que dans un seul sens. Ces diodes sont en principe inutiles lorsqu'on utilise une carte Keymux64, puisque aucune confusion ni retour ne sont possibles. Il suffit alors de relier l’élément alimenté de la touche à un des 64 branchements de la carte Keymux64, en respectant scrupuleusement l’ordre des notes et de relier la barre à la masse de cette même carte. De la carte Keymux va partir une nappe de 16 fils qui sera reliée à un des connecteurs de l’encodeur hcwe, auquel seront donc transmises des doubles impulsions électriques dont le produit codera de 1 à 64. C'est largement suffisant pour l'orgue, dont l'étendue des claviers ne dépasse pas 61 notes en principe.

Bien entendu, il faut avec ce procédé prévoir une carte Keymux64 par clavier et le montage final, avec une grande quantité de fils entre les claviers et ces cartes, risque de ne pas être très élégant. Mais c’est facile à réaliser et ça fonctionne sans problème. Et il faut aussi savoir manier un fer à souder et ne pas avoir peur d’avoir à effectuer plusieurs centaines de soudures (parfois délicates) pour une console complète.


Une carte Keymux64. On voit les 4 contacteurs, à droite, reliés aux nappes de fils multicolores venant d'un clavier
Ces fils avaient une section trop forte pour être directement enfichés dans le Keymux. Il a été nécessaire de les souder
à de fils plus fins. Le tout a été enrobé dans une résine qui, jusqu'à présent, n'a pas bougé.


à gauche le hwce (fixé sur le bâti de la pédale d'expression) - à droite un des 3 keymux64 -
entre les deux les nappes de raccord à 2 fois 8 fils

et sur le côté gauche de l'encodeur hwce, une prise MIDI-Out
à raccorder à l'interface MIDI-In branchée sur l'ordinateur

Et voilà le travail, un peu fouillis mais on essaiera d'améliorer par quelques fixations supplémentaires. Je n'ai pas de photos récentes, mais c'est déjà un peu mieux et quel gain de place!

La seconde solution possible (que je n'ai découverte que plus tardivement) était plus complexe, mais elle aurait permis des câblages plus élégants. Elle consiste à attribuer à chaque côté des contacteurs de notes du clavier, au moyen d’un câblage approprié, un numéro de 1 à 8. La combinaison de deux numéros permettant l'identification de la touche par le décodeur hwce. Le câblage consiste donc à relier chaque contact sur un même fil, de 8 notes en 8 notes (par exemple de relier do, sol#, mib, si, sol etc.) pour obtenir une première nappe de 8 fils et de scinder la barre de bus en tronçons correspondant également à huit notes, chaque tronçon ayant son fil dans une seconde nappe de 8 fils. Selon la marque de clavier il peut y avoir des astuces à trouver, qui sont souvent traitées dans la rubrique DIY organ consoles / MIDI du forum US de Hauptwerk. Il existe d'ailleurs plusieurs versions de ce câblage, dont une spécifique aux anciens claviers de marque Fatar.

cliquez sur la photo pour l'avoir en grand

Pour le pédalier, même chose: les contacts étaient encore bons mais quelques rafistolages et remplacement de lames de ressort ont été nécessaires. Pour ceux qui mettent la main sur un vieux pédalier d'orgue d'église, je signale que les meilleur contacteurs électriques sont encore les ILS (voir cette petite animation). Ce sont des composants faciles à trouver, bon marché et fiables, mais un peu délicats à régler et qui n'aiment pas trop les organistes ayant le pied un peu lourd; heureusement faciles à remplacer. Certains techniciens préfèrent toutefois pour cette raison les contacteurs à effet Hall, plus solides que les ILS, mais beaucoup plus chers et dont je n'ai pas l'expérience.

Certains claviers, qui présentent des contacts multiples pour chaque note (à l’origine pour faciliter les accouplements) se prêtent mal à ce type de câblage mais il faut savoir que l’encodeur hcwe ne se soucie pas de savoir comment sont câblés les claviers qui y sont  branchés et que les deux types de câblages peuvent parfaitement cohabiter dans un même instrument. En fait, chaque marque de clavier a ses particularités qui peuvent obliger à trouver des adaptations à ces deux types de montages et il est des claviers ou des pédaliers qui donnent bien du fil à retordre. Dans ce cas le passage par des cartes Keymux est peut-être préférable; mais pas obligatoire si on est un peu astucieux et très habile de ses mains.

Les autres contacteurs à bascule d'une console MIDI (dominos par exemple) peuvent bénéficier du même traitement que les claviers, par câblage 8 x 8, pour peu que la carte d'encodage MIDI dispose d'assez de connecteurs pour le branchement. Rien ne s'oppose d'ailleurs à câbler, sur les mêmes nappes, quelques dominos en continuation d'un petit clavier ou, surtout, à la suite d'un pédalier (qui est loin d'utiliser les 64 combinaisons offertes par un codage 8 x 8).

Il est  un peu difficile de trouver du matériel MIDI, les fournisseurs se comptant sur les doigts d'une main; et encore... Les cartes de MidiBoutique sont parfaites, peut-être un peu chères mais très fiables. Au reste, MidiBoutique a souvent des promos et ce sont des gens particulièrement aimables. En France, le seul que je connaisse est Pascal Leray, moins cher mais dont je n'ai pas encore eu l'occasion de tester les produits. Ses encodeurs sont à présent compatibles avec plusieurs types de câblage et en particulier celui retenu par MidiBoutique. Ils semblent bien conçus et ont l'intérêt de comporter une interface MIDI-USB en interne, ce qui, sans parler de l'économie réalisée, les rend selon lui beaucoup plus rapides dans le transfert des signaux MIDI que les encodeurs de ses concurrents et plus simples à programmer. J'ai aussi entendu dire que certains avaient fait appel au polonais SOWA, particulièrement compétitif mais un peu avare en détails techniques. Son dernier encodeur me semble pas mal mais je n'ai aucune expérience de ce fabricant sinon pour ses pistons au pied, qui sont très corrects et vendus pour une bouchée de pain. Des tentatives de contacts avec lui ont été infructueuses, de nombreuses adaptations s'avéraient nécessaires pour pouvoir utiliser son matériel. Enfin je sais qu'un jeune organiste du sud-ouest souhaite se lancer dans l'aventure, avec des prix très compétitifs. J'ai pu tester un de ses encodeurs, prévu pour un pédalier, très propre, alimenté en USB, qui m'a semblé être très performant. J'attends de voir ceux pour claviers. Je souhaite donc bonne chance à ce nouveau venu.

Je me dois toutefois de préciser, après avoir reçu un assez grand nombre de questions de la part de personnes qui avaient lu cette page et avaient l'envie de marcher sur mes traces, que j'ai bénéficié d'une chance incroyable en arrivant à mener à bien mon entreprise de transformation d'une ancienne console d'orgue. Aux innocents les mains pleines, dit-on! Il se trouvait que les claviers et le pédalier dont je disposais s'y prêtaient bien, avec des contacteurs simples, en bon état et facilement accessibles et que, par un heureux manque d'informations, nous sommes allé droit vers la solution la moins contraignante. Je pense que si nous avions été informés du second procédé dont je parle ci-dessus, nous aurions couru à la catastrophe, par manque d'expérience. Je ne saurais donc conseiller à quiconque de marcher sur mes traces, sans prendre de sérieuses précautions et de plutôt faire appel à quelqu'un ayant acquis une bonne expertise dans ce domaine. Si vous avez un besoin dans ce domaine, vous pouvez toujours m'envoyer un email à l'adresse qui figure en haut de cette page et je m'efforcerai de vous mettre en relation, si possible, avec quelqu'un de compétent et ayant déjà à son compte nombre de belles réalisations. Mais toute personne adroite de ses mains, minutieuse et motivée doit pouvoir y arriver; ainsi un de mes correspondants en Allemagne a pu récemment "midifer" assez rapidement son ancien orgue analogique - et même y ajouter un 3è clavier - uniquement avec nos conseils donnés par mails et par téléphone. Et il est enchanté du résultat.

Pour les audacieux un peu anglophones, je leur conseille donc le forum US de Hauptwerk dont la rubrique DIY organ consoles / MIDI est entièrement consacrée à la transformation d'anciennes consoles. En fouinant un peu vous y trouverez de nombreux conseils, shémas de câblages, photos, etc. de gens qui ont tenté, et réussi, cette expérience.

Une petite parenthèse sur le choix des claviers
Maintenant, soyons net: le choix d'un bon clavier (qu'il soit adapté par vous ou acheté tout fait) est primordial. Pour peu que vous soyez habitué à jouer sur des orgues réels à transmission mécanique, ne vous attendez pas, en utilisant un clavier MIDI électrifié, à retrouver sous vos doigts les mêmes sensations que celles que vous connaissez, ni à jouir des mêmes subtilités de phrasé. Si par contre vous jouez régulièrement sur un instrument à transmission électrique, ce sera du pareil-au-même. Si vous ne le faites pas vous-même, on trouve de tout dans le commerce, depuis l'excellent jusqu'au pire. En y mettant le prix (car certains claviers peuvent être vendus fort cher) vous devriez pouvoir trouver votre bonheur. L'idéal reste le clavier à touches en bois, reposant sur des pivots à mi longueur de la touche (comme on peut le voir sur les photos des miens). Outre le plaisir du contact du bois, plus sensuel que le plastique, la touche est alors en grand partie ramenée en place par son propre poids et non par un ressort proche de l'axe. Cela change tout.

Depuis peu certains constructeurs, tel l'allemand UHT, ont commencé à équiper leurs claviers haut-de-gamme de petits aimants en queue de touches, dont l'attirance simule à la perfection la sensation du décollement de la soupape d'un orgue à transmission mécanique. C'est le nec plus ultra... et ça se ne se donne pas. Mais quand on aime on ne compte pas. Un prescriteur professionnel à Janzé (35), lui même organiste et compositeur, m'a proposé d'essayer un ce ces claviers. C'est effectivement très agréable et l'effet sous le doigt est encore renforcé, soit par le contact de touches en bois, soit par celui de touches en plastique dont la texture n'est pas lisse, mais imite celle du matériau naturel. On m'a dit, depuis, que Fatar avait également adopté ce dispositif pour certains de ses modèles. Heureusement, notre cerveau ne demande qu'à se laisser convaincre. Les banques de sons Hauptwerk enregistrant systématiquement les attaques de chaque tuyau (souvent 3 attaques de types différents), rien que le fait d'entendre une attaque correcte suffit souvent à tromper le doigt, qui arrive même à avoir l'impression de sentir la soupape. De plus, le logiciel étant capable de choisir l'attaque qui convient (si votre clavier est sensible à la vélocité), l'illusion peut être parfaite.

L'interface MIDI
La carte HCwe possède deux prises MIDI (In et Out) à relier à une prise USB de l'ordinateur au moyen d'une interface MIDI. L'interface Midi-Sport 4x4 chez M-Audio me convenait parfaitement, même s'il y a mieux (et beaucoup plus cher). J'ai toutefois constaté qu'elle était assez gourmande en énergie et qu'elle devait être branchée sur un port USB largement alimenté pour que tous ses canaux soient reconnus par Hauptwerk. Un défaut d'alimentation avait conduit à une perte de reconnaissance de mon petit pédalier Hoffrichter, que je pensais en panne. Un branchement direct sur un port USB du Mac l'a ressuscité comme par miracle. Cette interface nécessite un pilote à jour pour pouvoir être reconnue. Malheureusement M-Audio n'a pas suivi l'évolution de macOS . Le pilote mac a cessé d'être mis à jour depuis sa version 3.5.3 et ce beau matériel est depuis lors inutilisable.

J'ai donc regardé du côté des interfaces à bas prix, au moins pour pouvoir brancher le pédalier (puisque les deux claviers Keystation 49 M-Audio ont déjà une interface MIDI intégrée et que Hauptwerk gère parfaitement plusieurs interfaces MIDI simultanément). L'expérience nous a toutefois enseigné que le système avait des limites: un pédalier + 2 claviers USB ça passe sans aucun problème; avec un 3è clavier c'est limite, mais avec un 4è clavier Hauptwerk a renaclé et refusé de reconnaître simultanément 5 interfaces MIDI différentes. L'audacieux qui avait tenté l'expérience a été obligé de faire marche arrière et trouver une autre solution. Dans ce cas un "mergeur" à 4 entrées, avec une alimentation externe pourrait être la solution; tous les signaux MIDI provenant des claviers y sont mélangés et l'interface MIDI-USB n'a plus à prendre en charge qu'une seule sortie MIDI-Out, ce qui soulage son alimentation.

Pour une petite interface MIDI, j'avais le choix entre trois modèles, dont j'avais constaté que tous fonctionnaient bien sous la version Mac OS que j'utilisais à  l'époque (10.9 Mavericks): la M-Audio Uno, la petite LogiLink et la petite Prodipe. Après essais il s'est avéré que seule la Prodipe convenait, les deux autres bien que reconnues par Hauptwerk ne recevant aucun signal MIDI. Cette interface Prodipe a également cessé de fonctionner avec l'arrivée de MacOS Catalina. Un correspondant suisse vient aussi de m'informer que la petite interface Roland UM-One convenait parfaitement à son mac sous Mac OS 10.11.4 à condition d'installer le pilote (driver) correspondant, que l'on trouve sur le site du constructeur. Un pilote pour Catalina est proposé par Roland qui, après avoir pris tout son temps propose à présent un pilote pour macOS BigSur, que je n'ai pas testé. La M-Audio Uno avait également reçue depuis un pilote qui lui a provisoirement apporté une nouvelle vie... jusqu'à l'apparition de Catalina, qui ne la reconnaît plus.

M.D.A. (l'éditeur de Hauptwerk) conseille d'éviter, toutefois, ces petites interfaces MIDI bon marché dont le buffer est dit-il généralement insuffisant; ce qui pourrait conduire à des arrêts de son, voire à des plantages, dès que la polyphonie est un peu élevée. Mais j'ai constaté que pour la version gratuite de Hauptwerk, elles conviennent parfaitement. et que même avec les versions payantes elles se comportent très honorablement. Un de mes amis se sert de la petite M-Audio Uno, sous Windows 7, puis 8.1 et enfin 10 et il n'a rencontré aucun problème, même avec de très grosses banques de sons. Il préfère toutefois la petite Prodipe avec les mêmes systèmes d'exploitation. Je suis en relation avec plusieurs personnes utilisant cette même Prodipe (proposée sur Amazon à un prix correct), qui m'ont assuré n'avoir rencontré aucune problème. Je retiendrai donc que, pour une utilisation courante de Hauptwerk sous Windows, il semble inutile d'aller chercher plus loin, à condition de ne pas trop demander, sous peine de voir la latence augmenter et la polyphonie diminuer (ces deux paramètres pouvant, au demeurant, être réglés finement au sein du logiciel Hauptwerk).

Pour ma "grande console" j'utilisais une nouvelle version de l'interface M-Audio Midisport 2x2, dite "d'anniversaire", qui est meilleure, plus petite et moins chère que la 4x4. Les signaux MIDI étant déjà regroupés (mergés) à la sortie de la carte HCwe, une interface 2x2 suffit en effet amplement. Cette interface a le bon goût de ne nécessiter aucun pilote, ni pour Mac OS ni pour Windows. Mais c'était trop beau et cette interface, elle aussi, ne fonctionne plus sous Catalina. Avec l'arrivée de macOS BigSur elle a miraculeusement repris du service et se trouve à nouveau fonctionnelle, sans pilote. Pourvu que ça dure!

Mes recherches pour trouver une interface MIDI-USB acceptée par Catalina m'ont conduit chez MOTU qui garanti la compatibilité de ses interfaces avec Catalina. Mais il s'agit de matériel pro et assez cher.

Pour ceux qui opteraient pour une carte-son USB - surtout les nouveaux venus -  je signale qu'ils pourront faire l'économie de l'interface MIDI étant donné que la plupart de ces cartes-son USB sont déjà des interfaces MIDI de qualité. C'est actuellement ainsi que je suis équipé, avec une carte-son Presonus Audiobox USB qui a remplacé efficacement la M-AUDIO Midisport.

La sono

Et bien entendu, il faut une bonne sortie son car, comme il est dit sur le site de Sygsoft: «on n'écoute pas Hauptwerk avec une paire d'enceintes à 10 Euro». Mon choix s'était porté sur les enceintes Altec-Lansing FX-6021, assez chères mais dont je suis très satisfait: graves puissants, médium bien rond, aigus fins et précis. Elles sont composées d'un gros caisson pour les basses et de deux petites enceintes pour les aigus. Parfaites pour une écoute dans une petite pièce mais, probablement moins intéressantes dans un plus grand local car d'une part le caisson de basses n'est pas très gros et, d'autre part, les aigus sont très directifs: il vaut mieux se trouver entre les deux petites enceintes. Aux dernières nouvelles, ce modèle d'enceintes n'est plus disponible.

Profitant d'un promo éclair j'ai récemment craqué pour des Harman-Kardon Soundstiks III dont le design moderniste est surprenant. Particulièrement brillantes et fidèles pour les aigus (elles égalent ou même dépassent un bon casque) à condition de placer les petits satellites (extrèmement directifs) à hauteur des oreilles et tournés vers elles, dotées d'un caisson de basses très efficace, elles donnent un son moins rond mais plus précis que mes Altec-Lansing. En utilisant les deux modèles en même temps (les Altec-Lansing comme enceintes arrières), le résultat est exceptionnel.

Cependant, pour éviter de sonoriser tout le quartier (et de faire aboyer mon chien) je préfère, le soir écouter au casque. Là encore il ne faut pas trop mégoter sur la qualité, sinon certaines fréquences peuvent être filtrées ou saturer. J'ai opté pour un bon casque de marque Bose et en suis très satisfait. Certains optent pour des enceintes de monitoring, avec caisson de basses; cette solution luxueuse peut être très satisfaisante mais ne convient absolument pas à la sonorisation de grands espaces.

Enfin, on ne répétera jamais assez que la qualité de la carte son est primordiale. Je connais des utilisateurs de Hauptwerk qui, malgré des réglages sophistiqués, avaient en permanence des problèmes sonores: saturation, brèves coupures de son, mauvaise balance des registres, distortion et craquements étranges. Il leur a suffit d'acquérir une bonne carte son pour que tout cela disparaisse comme par enchantement. MDA dit que les Macs sont tous équipés d'excellentes cartes sons lesquelles donnent en principe toujours satisfaction, du moins si on se limite à une écoute en stéréo. Pour les PC sous Windows il y a un peu de tout et certains constructeurs ou assembleurs ont tendance à négliger le son au profit de l'image (à cause des jeux, très exigeants en vidéo). Il n'y a donc pas de règles en la matière, sinon de se dire que la carte son est trop souvent le point faible d'un équipement Hauptwerk.

J'avoue cependant que la partie son des Macs étant réputée être de qualité, j'avais un peu négligé cet aspect de mon équipement jusqu'à ce que plusieurs de mes correspondants ne se soient équipés d'une carte son relativement bon marché (mais conseillée par MDA), la Presonus AudioBox USB (voir photo un peu plus haut) et s'en déclarent émerveillés. Pour en avoir le coeur net, j'en ai donc emprunté une et l'ai essayée chez moi. Je ne m'attendais pas à une telle amélioration de la qualité sonore de mon installation: tout est plus clair, plus aéré, plus précis; aussi bien sur mes enceintes qu'au casque. Les basses ont pris une belle ampleur et les timbres paraissent beaucoup plus naturels. Cerise sur le gâteau: cette carte son assurant également le rôle d'interface MIDI, cet investissement devient particulièrement rentable pour une première installation. Un de mes correspondants a préféré acheter, dans les mêmes prix mais avec une double entrée/sortie audio, une carte son Berhinger et s'en trouve également fort satisfait.

Autre maillon de la chaîne à soigner (car on ne le, dira jamais assez, c'est toujours l'élément le moins bon qui prend le pas sur les autres): l'ampli et ses câbles de branchement. Le choix des câbles est en effet loin d'être négligeable et des problèmes peuvent venir tout simplement de câbles de mauvaise qualité, dépareillés ou de longueurs différentes.

On trouve de plus en plus souvent des banques de sons au format surround (le son provenant directement des tuyaux de l'orgue peut être envoyé vers une paire de hauts-parleurs avant, tandis que le son renvoyé par l'église peut être envoyé à des enceinte arrières). Je n'ai pas eu l'occasion de tester ce dispositif (utilisable uniquement par la version Étendue de Hauptwerk), qui exige une carte son externe (parfois un peu coûteuse) à plusieurs entrées/sorties mais, de l'avis de tous ceux qui l'on essayée, le résultat est bluffant. L'encombrement en mémoire vive (pratiquement double de celui de la version stéréo) l'est tout autant. Le chargement des voies arrières, même dans un équipement strictement stéréo, peut toutefois apporter plus de réalisme à une banque de sons paraissant un peu plate. Ce n'est pas systématique, mais généralement conseillé si votre mémoire installée le permet; en particulier pour les plus récentes banques de sons d'Augustine Virtual Organs et de Sygsoft dont les versions surround sont bien plus intéressantes que les versions stéréo, même chargées en 16 bits.

Les dominos, pistons et autres commandes

Enfin il est bon de savoir que l’encodeur hwce comporte d’autres possibilités de branchements (qui diffèrent suivant les modèles): pour des contacteurs de types différents de ceux des touches de clavier (dominos, pistons, etc.) ou des appareils de la famille des potentiomètres (pédales d’expression ou de crescendo par exemple). Les schémas du fournisseur sont assez clairs pour quiconque sait les lire. J'ai pu vérifier que les modèles de hwce plus récents que le mien (qui a tout de même une bonne douzaine d'années mais se propose encore parfois, en solde) permettent le branchement de 8 interrupteurs (dominos de jeux ou pistons réversibles) et de 8 potentiomètres (pédales d'expression, crescendo, etc.). Il semble, sauf à leur poser la question, que Midi Gadgets Boutique propose une carte additionnelle prévue pour 32 jeux. On verra plus tard.

Comme je l'ai dit un peu plus haut, une batterie de dominos, cablés de la même façon qu'un clavier (ou en continuation des marches d'un pédalier) et branchés directement sur un connecteur 8x8 de l'encodeur MIDI, peut parfaitement être utilisée une fois programmée pour une banque de sons donnée. Pour l'instant les jeux chez moi se cliquent à la souris, sur l'écran de l'ordinateur (certains utilisent des écrans tactiles, voire 2 écrans de part et d'autre de la console, si la banque de sons le permet). Avec la possibilité de combinaisons préparées que propose pratiquement toutes les banques de sons pour Hauptwerk, ça n'est pas trop gênant. Le clavier de l'ordinateur peut également être utilisé (c'est une fonction peu connue mais parfaitement intégrée à Hauptwerk). Et j'utilise aussi avec plaisir une tablette Novation Launchpad (voir la photo un peu plus haut) qui me convient très bien. Pour le tirage des jeux on n'a donc que l'embarras du choix, selon ses moyens et ses habitudes.

On m'a installé en 2015 un 3ème clavier au dessus des deux d'origine. C'est un clavier récupéré et resté inemployé car les claviers de 56 notes sont peu recherchés. Bien nettoyé, câblage refait (selon la deuxième méthode) pour être compatible avec la carte HWce, il a repris du service sans broncher. La console est à présent parfaitement fonctionnelle et agréable à jouer, même si son aspect un peu pitorresque peut surprendre. On fait avec ce qu'on a et je vous assure que ces claviers, même s'ils sont de couleurs différentes, s'accouplent sans se faire prier.


ma console modifiée, avec le nouveau clavier de 56 notes, la carte-son,
les nouvelles enceintes, le launchpad et un écran de contrôle

Bien entendu on est encore loin des sensations éprouvées lorsqu'on se trouve assis sur le vrai banc d'un vrai orgue. Quelle que soit la qualité de la chaîne de reproduction il manquera toujours chez soi cette sensation, purement subjective au demeurant, de piloter une grosse et puissante machine, ainsi que l'ampleur de l'acoustique, les vibrations de l'instrument sous les fesses, le contact direct avec les tuyaux, le vent qui souffle parfois dans les cheveux, la poussière, les odeurs d'encens... et le bavardage de la dame préposée aux fleurs. Mais croyez moi, on s'en rapproche parfois de façon étonnante. Et avoir à la maison un orgue virtuel de qualité donne vraiment envie d'aller écouter des orgues "pour de vrai", comme par exemple ceux de ma ville de de Saint-Brieuc et des envrons.

Mais il ne faut pas se tromper de cible. Quelle que soit la perfection technique de Hauptwerk et des banques de sons dont l'élaboration est de mieux en mieux maîtrisée par les éditeurs (avec des fonctions qui sont bien souvent ignorées par les utilisateurs), jamais Hauptwerk ne prétendra remplacer un orgue à tuyau. Ce n’est pas sa raison d’être. Son but est de pouvoir jouer chez soi des orgues auxquels presque personne n’a accès, du fait de leur éloignement ou de toute autre raison. Hauptwerk peut vous faire connaître, avec un réalisme très convaincant, des instruments que vous n’auriez jamais pu voir,  ni même approcher. Hauptwerk est également une merveilleuse opportunité d’entrainement, chez soi ou dans une école de musique, à différents styles d’instruments et d’en découvrir les particularités et les registrations. Il faut se rendre dans une église ou un auditorium pour trouver un orgue à tuyaux. Là où Hauptwerk est imbattable c’est qu’il peut avoir sa place chez vous ou dans un conservatoire.
Il existe 4 ou 5 fabricants d’orgues numérique qui, au mieux, proposent 7 ou 8 modèles, alors que le nombre de banques de sons destinées à Hauptwerk est pléthorique, avec une variété de registrations et un réalisme très supérieurs à ce que proposent les orgues numériques du commerce.
Il ne faut pas oublier non plus les aspect de préservation, de documentation et d’archivage, offerts par Hauptwerk.
Il serait parfaitement stupide de prétendre opposer Hauptwerk et les orgues réels: ils sont complémentaires et ont des buts différents.

Donc, à défaut d'un orgue à tuyaux, me voilà tout de même avec une magnifique console d'orgue (et même deux) et une belle collection d'instruments, qui ne demande qu'à grossir. On revient de loin!



Mes traductions (pour les retrouver et télécharger facilement, au format pdf)

Pour conclure:
Voilà. Il existe bien d'autres banques de sons pour Hauptwerk mais je me suis limité ici à celles dont je disposais ou que j'avais pu réellement tester à droite et à gauche. On ne peut pas tout avoir! Certaines sont à des prix qui dépassent largement mon budget, ou bien trop exigeantes en mémoire ou en matériel (orgues à 3 ou 4 claviers, encombrement en mémoire pouvant dépasser les 16 Go), ou encore sont des réalisations un peu anciennes et moins intéressantes sur le plan technique que les banques de sons récentes. Si je peux en acquérir et tester d'autres (ce que j'espère bien), je vous en ferai part ici même.

Je profite également de ce site pour vous engager à fréquenter les forums consacrés à l'orgue en général et à Hauptwerk en particulier. Il y bien entendu pour ceux qui maîtrisent l'anglais le forum du site officiel américain, qui est une mine de renseignements mais il ne faut pas négliger le forum français, ni celui très convivial de l'Orgue Libre, très suivi par un petit groupe de passionnés.

Et je ne puis m'empêcher, en guise de conclusion, de retranscrire ici ce délicieux pastiche, d'auteur inconnu mais qui traine sur le web depuis des lustres. J'en ai fait une traduction française du mieux que j'ai pu, mais les archaïsmes du texte anglais sont encore plus savoureux que le texte français.

Verset 29 - La Lapidation de l'Organiste


1 - Et voici, lorsque Paul était à Corinthe, que lui et certains de ses disciples virent une foule qui lapidait un organiste.
2 - Et Paul les interrogea: "Que vous a donc fait cet  homme pour que sa tête doivent être brisée?"
3 - Et le peuple hurla d'une seule voix "Il a joué trop fort"
4 - Car, alors que nous chantions les psaumes, il a fait résonner nos têtes comme s'il les battait à coups de marteau.
5 - Voyez, il est assis là haut à la tribune. Puissants sont les tuyaux, puissant est leur bruit. Et cependant nous autres, en bas, ne sommes guère nombreux. Il joue néanmoins avec tous les jeux, avec le jeu de Trompette Assyrienne et le jeu du Cor de Bouquin et le jeu qui résonne comme la pierre que l'on scie, et nous ne pouvons plus entendre les mots qui sortent de notre bouche.
6 - Il se complaît toujours dans des variations qui nous égarent. Il joue fort et discordant et toujours dans un tempo guerrier qui ne nous laisse nul temps pour respirer alors que nous chantons.
7 - Il n’est qu’une plaie pour la foi et il mérite d’être châtié.
8 - En entendant cela, même Paul avait ramassé une petite pierre et il se préparait au châtiment, mais il la reposa et demanda à l'organiste de s'approcher.
9 - C'était un homme chétif, au teint pâle, sec, aux cheveux minces et clairsemés.
10 - Et Paul s'adressa à lui en ces termes " Pourquoi donc les as tu ainsi accablés?"
11 - "C'est - répondit l'organiste - que je ne pouvait pas les entendre chanter, depuis mon banc d'orgue et qu'ainsi je leur prodiguais mon soutien en jouant plus fort. »
12 - Et Paul se retourna vers la foule et dit à voix forte "Que celui qui n'a jamais joué de l'orgue lui jette la première pierre".
13 - Et voilà qu'ils éparpillèrent les pierres jusqu'à ce que leurs bras soient fatigués et Paul proposa à l'organiste de se repentir, et cela fut.
14 - Et Paul lui dit "Tu tireras la flûte et en joueras pendant trente jours, pour nettoyer ton esprit". Et ensuite ils retournèrent à Corinthe en chantant des psaumes a capella, puis ils prirent du café et leur foi en fut raffermie.

Auteur inconnu
le texte original:
Acts 29 The Stoning of the Organist


1 - And it came to pass, when Paul was at Corinth, he and certain disciples came upon a mob that was stoning an organist.
2 - And Paul said unto them, "What then hath he done unto thee that his head should be bruised?"
3 - And the people cried with one voice, "He hath played too loud.
4 - Yea, in the singing of psalms, he maketh our heads to ring as if they were beaten with hammers.
5 - Behold, he sitteth up high in the loft, and mighty are the pipes and mighty is the noise thereof, and though there be few of us below, he nonetheless playeth with all the stops, the Assyrian trumpet stop and the stop of the ram's horn and the stop that soundeth like the sawing of stone, and we cannot hear the words that cometh out of our own mouths.
6 - He always tosseth in variations that confuse us mightily and he playeth loud and discordant and always in a militant tempo, so that we have not time to breathe as we sing.
7 - Lo, he is a plague upon the faith and should be chastised."
8 - Paul, hearing this, had himself picked up a small stone, and was about to cast it, but he set it down, and bade the organist come forward.
9 - He was a narrow man, pale of complexion, dry, flaking, thin of hair.
10 - And Paul said unto him, "Why hath thou so abused thy Brethern?"
11 - And the organist replied, "I could not hear them singing from where I sat, and therefore played the louder so as to encourage them."
12 - And Paul turned round to the mob and said loudly, "Let him who has never played an organ cast the first stone."
13 - And they cast stones for a while until their arms were tired and Paul bade the organist repent and he did.
14 - And Paul said unto him, "Thou shalt take up the flute and play it for thirty days, to cleanse thy spirit," and afterward they returned to Corinth and sang psalms unaccompanied and then had coffee and were refreshed in the faith.
Il y a aussi ce délicieux petit conte d'Alphonse Daudet, probablement inédit et qu'on vient de me faire découvrir. Je vous laisse le plaisir de sa lecture.


On m'a fait remarquer que le répérage des fréquentes mises-à-jour de cette page était un vrai parcours du combattant. Je le reconnais volontiers et c'est pourquoi, dorénavant, je donnerai ici un bref résumé de ce qui a changé (j'ai essayé de reconstituer ce que je pouvais pour les dates antérieures) et j'y ai ajouté des liens internes vous conduisant directement à l'article relaté. J'ai mis à la suite une table des matières également indexée.

- 1er avril 2025: sortie de l'orgue de la St. Peterskirch de Görlitz (Sweelinq)
- 3 mars 2025: site de Ars Palo pour GrandOrgue - orgues de Siggiewi et Ta'Xbiex pour GrandOrgue (Maltese Historic Pipe Organs)

- 1er mars 2025: sortie de l'orgue Marcmoerd pour macOS et iOS (Clavitudo/Napo)
- 22 février 2025: sortie de l'orgue de Zaltbommel (Sweelinq)
- 18 février 2025: Traduction du Guide de l'Utilisateur de Hauptwerk 9.01
- 10 décembre 2024: ajout de l'orgue Kitchener (Monespace)
- 24 novembre 2024: nouvelle version (v3) de mon petit manuel, tenant compte de l'arrivée de Hauptwerk 9 et traduction de la notice de présentation de HW 9
- 1er novembre 2024: sortie de l'orgue de chœur de la Oude Kerk d'Amsterdam (Sweelinq)
- 1er septembre 2024: Sweelinq v 2.0 et deux nouveaux orgues.
- 31 juillet 2024: ajout de la notice de présentation de HW 8.01
- 15 juillet 2024: ajout de la traduction du Guide de l'utilisateur HW 8
- 29 mai 2024: sortie de l'orgue de la Oude Kerk d'Ammsterdam (Sweelinq)
- 17 février 2024: sortie du logiciel Clavitudo
- 31 décembre 2023: sortie de Organteq version 2 (Modartt)
- 9 décembre 2023: mise à jour du petit manuel et traduction des modifications entre HW7 et HW8
- 10 septembre 2023: sortie de l'orgue de la Ichthuskerk de Urk (Sweelinq)
- 2 septembre 2023: sortie de l'orgue de Norrfjärden pour GrandOrgue (Lars VPO
- 24 août 2023: ODFs pour GrandOrgue par Andrew Hall
- 22 août 2023: changement d'adresse de mon site web
- 16/25 août 2023: sortie de Hauptwerk 8
- 24 juillet 2023: sortie de l'orgue de l'Alpe d'Huez (Sweelinq)
- 23 mai 2023: sortie de l'orgue de l'Augustijnenkerk de Dordrecht (Sweelinq)
- 1er avril 2023 (non ce n'est pas un poisson): sortie de l'orgue Hinz de Kampen (Sweelinq)
- 12 mars 2023: sortie de l'orgue de Weenendaal (Sweelinq)
- 28 février 2023: découverte du logiciel VPO EplayOrgan
- 5 février 2023: traduction du site  AGO, pour un jeune organiste

- 2 novembre 2022: sortie de l'orgue de Niederzwehren (Binaural Pipes)
- 21 septembre 2022: version définitive de Sweelinq er sortie de l'orgue de Gorinchen
- 1er mai 2022: quelques observations à propos de GrandOrgue et de JOrgan sous Linux
- 26 mars 2022: ajout de ma traduction du Guide de l'Utilisateur de Hauptwerk VII
- 23 mars 2022 - ajout d'un lien vers le forum des orgues Hammond
- 10 février 2022 - orgue de Westzaan (pour Sweelinq)
- 2 et 3  février 2022: présentation du logiciel Cecilia
- 28 janvier - 1er février 2022: sortie de Hauptwerk 7  premières impressions.

- 12 - 18 octobre 2021: arrivée du logiciel Sweelinq
- 21 septembre 2021: relecture de cette page, corrections diverses et actualisation de certaines données.
- le 13 septembre 2021: orgue Élie Colin de Tananarive pour GrandOrgue
- le 27 mai 2021: orgue de l'Albresle pour GrandOrgue
- le 22 février 2021: orgue de Petrzalka pour GrandOrgue
- le 17 janvier 2021: traduction du Guide de l"Utilisateur de HW VI
- le 8 janvier 2021: traduction de la Notice de Présentation de HW VI

- le 15 décembre 2020: premières impressions sur Hauptwerk VI
- le 20 novembre 2020: sortie de Hauptwerk VI
- 5 octobre 2020: découverte de Keyscape (Spectrasonics)
- 28 septembre et 1er octobre 2020: réorganisation et correction du site, vérification des liens.
- 15 septembre 2020: un peu de ménage en ce qui concerne le logiciel GrandOrgue et révisions de quelques détails.
- 31 août 2020: découverte de la banque de sons de Solignac, pour GrandOrgue (Sébastian Halas)
- 8 juillet - deux bonnes banques de sons gratuites (uniquement pour GrandOrgue) chez BinauralPipes. -
- 8 juin 2020: publication d'ODFs pour GrandOrgue des dernières banques de sons de Piotr Grabowski
- les anciennes banques de sons au format GrandOrgue ont toutes été retirées du site web de Piotr Grabowski :((
- 28 avril 2020 - mise à jour de mon petit manuel en version 2.03 
- 28 janvier 2020: traduction du Guide CODM pour Hauptwerk V -
 12 janvier 2020: interfaces M-Audio et Catalina

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